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« Un peu » — Le drame du Québec

2019.10.13 18:03 ontologiste « Un peu » — Le drame du Québec

Par Robert McKenzie dans Notre indépendance : 28 Québécois s’expriment
J’ai eu beaucoup de difficultés à écrire ce petit texte, car il m’a contraint à dire des choses désagréables sur le Québec. Pourtant, j’aime inconditionnellement cette terre qui m’a accueilli en 1956, à l’âge de vingt-deux ans, pays de presque toute ma vie d’adulte. Même si je me considérerai toujours comme un « immigrant » — et non pas comme un « immigré », statut trop définitif — je suis fier d’avoir été accepté au sein de ce peuple francophone et de dire que mes enfants en font partie.
Depuis plusieurs années, un ami me taraude pour que j’écrive un livre, en anglais, qui expliquerait pourquoi le mouvement indépendantiste québécois a échoué malgré les arguments quasi naturels qui militent en sa faveur. Je n’ai pas pu le faire, car je crois le contraire. Éternel optimiste, je suis convaincu qu’on y arrivera, même s’il faut admettre que les changements démographiques et linguistiques des cinquante dernières années rendent plus ardu le chemin à suivre.
Cela me paraissait beaucoup plus clair en cet après-midi de 1957, rue Sainte-Catherine à Montréal, lors d’une balade avec un ami qui entra dans le magasin Ogilvy’s pour acheter des chaussettes. On devine suite : « I'm sorry, I don't speak French ». Sans montrer d’impatience, il conclut la transaction en anglais. Quelques minutes plus tôt, c’était le même scénario dans un café de la chaîne Murray’s.
« — Ça te met pas en furie? lui demandai-je. — Un peu. — Vous autres, les Canadiens français, pourquoi acceptez-vous ça? — On veut pas de trouble. »
Il faut dire que ma première année au Québec m’avait habitué à ce genre de réponse. Francophile, j’avais vécu à l’Institut français d’Écosse, maison culturelle française, pendant mes trois années d’études à l’Université d’Édimbourg, puis une année en Algérie, avant de débarquer au centre-ville de Montréal, pensant naïvement me retrouver dans un milieu francophone. Les premiers mois, je vivais rue Stanley, et c’est plutôt mon vocabulaire anglais qui s’est enrichi d’une série de mots commençant par « sch » : schlock, schmaltz, schlep, schiemiel, schmuck, schlong, schemo zle, schmatte, schtick. Ça, c’était le soir.
Le jour, je faisais du porte-à-porte en vendant des bibles de langue française. Là, en échangeant avec des gens qui me faisaient entrer très chaleureusement dans leur maison à Valleyfield, Saint-Lambert, Victoriaville, je faisais l’apprentissage non pas d’un vocabulaire mais — comment dire? — d’une pensée de soumission toute nouvelle pour moi. Pas seulement de « né pour un petit pain », devenu un cliché avec les années, mais des expressions qui émaillent le parler québécois encore aujourd’hui. Des expressions qui sapent le désir de changement, qui alimentent la résignation, qui signalent d’avance la reddition. « Il ne faut pas juger... Il faut accepter... Courbe le dos... Fais-toi petit... On n’a jamais manqué de rien... » D’autres expressions ont le même effet corrosif : « Se prendre pour un autre... Partir en peur... Il faut ce qu’il faut… Prendre son trou... » Le pire, évidemment, c’est « un peu », expression utilisée de façon obsessive à cette époque-là, et encore aujourd’hui, pour amortir, diluer, vider quasiment de son sens toute pensée jugée trop tranchée, trop radicale, trop claire, l’ultime défaut. On l’entend, utilisée inconsciemment, partout autour de nous : « Un peu estomaqué... Un peu choqué... Un peu éberlué... Un peu en maudit... Un peu, un peu, un peu. »
Mes proches disent que c’est l’Écossais presbytérien en moi qui parle. En partie, oui. Lorsque j’étais étudiant, en Écosse, certains réflexes de colonisé de mes compatriotes m’horripilaient. Mais ils ne prenaient pas la même forme, et c’est là un autre sujet. Tenir l’Église catholique romaine pour la seule responsable de ces atermoiements instinctifs de beaucoup de Québécois? Je ne pense pas. Après tout, les mêmes causes n’ont pas produit les mêmes effets en Irlande ou en Espagne. Il faut aussi tenir compte, je crois, des effets dévastateurs d’une défaite militaire sur la personnalité collective d’un peuple, effets qui peuvent durer des siècles. Même chose en Écosse. Même en France, on en voit des marques, plus insidieuses. Je pense évidemment à l’Occupation. Vivre en vaincu, en soumis, en colonisé — appelez cela comme vous le voulez — laisse des traces, et pour longtemps. On s’amuse des affirmations par la négative dans le parler québécois : « Pas pire... Elle est pas laide... C’est pas de refus... Je dis pas non... Il est pas gêné... » C’est sympathique, mais je retiens qu’au Québec il vaut mieux parfois avancer à reculons. Traverserons-nous un jour la ligne d’arrivée de l’indépendance à toute vitesse, les deux mains sur volant, en marche arrière?
Pourquoi livrer ici ces impressions, qui sont décourageantes? Parce que je sais que les Québécois sont capables de se sortir de ce magma gélatineux. Je nuance : capables lorsque surviennent certains rares moments privilégiés où les circonstances — un revers particulièrement humiliant, un affront plus cinglant que d’habitude, l’insulte que l’on ne peut plus laisser passer — les poussent à réagir. Cela aurait pu se produire après le rejet de l’Accord du lac Meech ou lorsque René Lévesque a découvert, mais n’a pas dénoncé publiquement, les étranges fréquentations rémunérées de son lieutenant Claude Morin avec la GRC.
J’ai passé presque toute ma vie à écrire sur la politique québécoise, et sur la vie au Québec, pour un public du Canada anglais. J’aurais été plus utile si j’avais eu la possibilité d’écrire sur le Canada anglais pour des lecteurs du Québec. Je n’ai jamais vécu au Canada anglais, mais je l’ai connu « par osmose » à travers le grand quotidien torontois pour lequel je travaillais. Je suis convaincu que le Québec serait indépendant depuis longtemps si les Québécois avaient la moindre idée de l’indifférence — quand ce n’est pas le pur mépris — que l’on nourrit à leur égard. J’ai connu des types formidables parmi les journalistes de l’extérieur du Québec que j’ai côtoyés pendant des années. Mais, comme pour tout journaliste qui travaille ici pour un média établi ailleurs au Canada, j’ai dû résister constamment à leur goût pour le Québec-bashing. Dans les années 1960, mes patrons au Toronto Star espéraient voir confirmés dans mes articles leurs préjugés sur la « priest-ridden province » et « Montreal, crime capital of Canada ». Plus tard, on flairait les supposés penchants des chefs indépendantistes et la persécution de la pauvre minorité anglophone menacée. De l’époque où nous dictions au téléphone nos articles de dernière heure, j’entends encore la voix du rewrite man qui retranscrivait mon reportage sur un discours de Marcel Masse : « Fucking frog, fucking frog. » Tout cela est sciemment maquillé par Radio-Canada, seul grand média qui prétend faire le pont entre ces deux grandes solitudes, un cliché, celui-là, aussi vrai qu’au moment où Hugh Maclennan l’a écrit dans les années 1940. Dans les sujets abordés quotidiennement à propos des « Britanno-Colombiens » et du « Nouveau-Bronze-wik », on évite pudiquement de parler de l’attitude des Canadiens anglais envers les francophones et les Québécois en particulier. Seules les pires extravagances de Don Cherry et des orangistes de Brockville arrivent à percer ce très discret rideau de velours.
D’une génération à l’autre, il vient un moment où les Québécois francophones surmontent cette prudence étouffante. Qui se souvient que Camillien Houde, maire de Montréal, fut emprisonné à cause de son refus d’obtempérer lors de la crise de la conscription en 1942? Combien de jeunes aujourd’hui peuvent mesurer le courage des fondateurs du RIN en 1960-61 alors que personne ne savait s’ils ne seraient pas accusés de sédition et emprisonnés, comme l’a d’ailleurs été Michel Chartrand lors de la crise d’Octobre, dix ans plus tard?
Parmi ceux qui ont exercé le pouvoir depuis cette époque, Jacques Parizeau aura été l’incarnation de ce courage « à visière levée ». René Lévesque, malgré les immenses services qu’il a rendus au Québec, aura trop souvent représenté cet autre courant de valse-hésitation, avance-recule. L’insoumis du Parti libéral de 1960, le réformateur intrépide du Parti québécois de 1976 s’est mué, avant la fin de sa carrière, en apologiste du « beau risque » d’un Canada renouvelé.
On doit beaucoup à René Lévesque, mais ne sert ni la vérité historique ni les chances du Québec dans l’avenir en le décrivant comme un « libérateur de peuple », comme on l’a fait sur sa pierre tombale. Il n’a libéré personne. Sur la question de l’indépendance, c’était un monument d’indécision. Sa bouche disait « Oui », mais son visage disait « Peut-être » et son corps disait « Non ». Pendant plus de trois ans au pouvoir, de 1976 à 1979, il a en grande partie délégué à d’autres la promotion du projet. Aux journalistes qui l’interrogeaient sur le référendum promis, il réagissait avec agacement. À ses ministres, il disait : « Morin s’en occupe. » De son vivant, après la défaite référendaire de 1980, il a mis la quête d’indépendance au placard, ce que des adversaires ne manqueront pas de démontrer en temps voulu. « Souveraineté-association » était l’expression même des hésitations et ambiguïtés personnelles de Lévesque. Souveraineté-un-peu-association. Cela nous a donné la question tordue du référendum de 1980 et l’argumentation à reculons à laquelle les forces du « Oui » ont été condamnées. J’entends encore le regretté Gérald Godin, poussé dans ses derniers retranchements lors d’un débat télévisé : « Tout ce qu’on demande, c’est un mandat pour s’asseoir. » Jacques Parizeau, qui avait comparé de pareilles contorsions à un « plat de spaghettis », a bien essayé, en revenant au pouvoir en 1994, de dessiner une ligne droite menant à la souveraineté. Se souvient-on de la question qu’il voulait poser : « Voulez-vous que le Québec devienne un pays indépendant en date du...? » Malheureusement, la nécessité de satisfaire de nouveaux alliés, par suite du résultat mitigé du vote en 1994, l’a amené à accepter — probablement à son corps défendant — une autre question filandreuse au référendum de 1995. Ce genre de potage indéfinissable est donc une réalité politique québécoise. Cessons de rêver à la clarté, alors que le batelier québécois avance avec le plus de confiance sous le couvert de la brume.
Le fait que le nationalisme a été un puissant moteur de progrès dans presque tous les domaines, sans pour autant qu’on arrive à son aboutissement naturel, l’émergence d’un pays indépendant, n’est pas le moindre paradoxe du Québec. Tous les grands projets au Québec depuis 1960 — nationalisation de l’électricité, création de la Caisse de dépôt, loi 101 pour la survie du français, protection des terres agricole, mesures pour stimuler la montée d’un entrepreneuriat francophone — avaient une couleur nationaliste. Tout le long de ce parcours, il y a toujours eu des voix pour dire qu’on allait « un peu trop loin ». J’entends encore le docteur Irénée Lapierre, élu président de la Fédération libérale du Québec, au milieu des années 1960, par l’aile conservatrice du parti qui cherchait à ralentir la Révolution tranquille, déclarer d’un air satisfait : « Je pense que j’ai été mis là, un peu, pour mettre les freins. »
Il y a aussi les voies d’évitement dont les Québécois font une spécialité. Souvenez-vous de ces débats interminables sur « un projet de société » auxquels nous avons été astreints avant que ne puisse se tenir le référendum de 1995. Un exemple de cette impuissance m’est resté gravé dans la mémoire : une discussion sans fin, lors d’une réunion à Saint-Romuald, près de Québec, sur la nécessité d’implanter plus de pistes cyclables à travers le Québec. Droits des minorités, des femmes, des gais, des aînés, des handicapés, des jeunes : tout y passait comme si on ne pouvait pas se faire confiance pour avoir un pays, en dehors du bienfaisant parapluie canadien, sans répéter dans le moindre détail à quel point il serait démocratique. Demain, il y aura d’autres diversions pour ceux qui en raffolent : élections à date fixe, introduction d’un système électoral à représentation proportionnelle, quelque autre bidule auquel on pourra accoler le nouvel adjectif à la mode : « citoyen ». Ce n’est pas que les causes ainsi défendues soient toujours dénuées d’intérêt ou de valeur. Mais si on voulait détourner les gens de la question fondamentale de l’avenir du Québec, on ne s’y prendrait pas autrement. Dans quelle mesure, depuis cinquante ans au Québec, des gauchistes de salon, des chevaliers du communautaire, des promoteurs de causes « citoyennes », des syndicalistes retraités à la bonne conscience tonitruante, des universitaires en mal de visibilité télévisuelle ont-ils (et elles, hélas) retardé, confisqué, détourné, fait dérailler le mouvement visant à faire du Québec un pays indépendant? La question se pose.
Les Québécois ont-ils un vouloir-vivre collectif? À l’instant où j’écris ces lignes, c’est toujours « le confort et l’indifférence » qui prévalent. Cela peut-il changer? Oui, face à une provocation grave, probable dans le climat actuel, venant du Canada anglais ou d’un danger pour leur avenir dont les Québécois deviendront convaincus. Cela sera peut-être un ensemble d’éléments perçus comme hostiles au Québec et jugés inacceptables par la majorité des Québécois, comme on en voit s’accumuler maintenant sous le gouvernement actuel : recul du français dans les services fédéraux, atteintes à la vie privée résultant de lois fédérales, évolution vers une société dans laquelle les Québécois ne se reconnaissent pas dans de multiples domaines (armes à feu, jeunes contrevenants, loi et ordre, environnement...). Il faudrait à ce moment-là avoir à Québec un gouvernement prêt à tirer la conclusion qui s’impose.
L’ami dont je parlais au début de ce texte m’avait longuement entretenu sur la prudence des Canadiens français et la longue patience qui leur avait permis de survivre à la défaite militaire et à l’occupation. Hésiter pouvait être une grande qualité, disait-il, évoquant « le drame terrible du choix » d’André Gide. Aujourd’hui, je répondrais que le drame des Québécois francophones ne porte plus sur « quoi » choisir, mais simplement sur le fait de se résoudre à choisir tout court. C’est UN PEU ce que je pense.
Post-scriptum — Ce texte a été écrit avant la crise étudiante du printemps 2012. Voilà une nouvelle génération de Québécois apparemment libérés des « tataouinages » du passé. Cela nous donne beaucoup d’espoir pour l’avenir.
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2016.06.05 01:58 ShaunaDorothy Grande-Bretagne, dehors ! UE : Ennemie des travailleurs et des immigrés - Pour l’unité des travailleurs européens par-delà les frontières ! (Juin 2016)

https://archive.is/trLA5
Le Bolchévik nº 216 Juin 2016
Nous reproduisons ci-dessous la traduction d’un article paru dans le n° 234 (printemps 2016) de Workers Hammer, le journal de la Spartacist League/Britain, section britannique de la Ligue communiste internationale.
Fidèle aux principes révolutionnaires, prolétariens et internationalistes du marxisme, la Spartacist League/Britain est heureuse de saisir l’occasion d’appeler haut et fort à voter pour la sortie de l’Union européenne au prochain référendum sur le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE. Il y a plus de 40 ans, nous écrivions au sujet du Marché commun, le prédécesseur de l’UE : « l’unité sous le capitalisme n’est pas seulement un mythe qui sera brisé à la première récession économique sérieuse, elle doit aussi nécessairement être dirigée contre la classe ouvrière, chaque classe capitaliste nationale s’efforçant de devenir “compétitive” par une politique de “rationalisation” » (« Les travailleurs et le Marché commun », Workers Vanguard n° 15, janvier 1973).
Qui pourrait nier que c’est ce qui s’est passé dans les décennies qui ont suivi, en particulier à la suite du krach financier mondial de 2007-2008 ? Des conditions de vie en chute libre pour les travailleurs, des taux de chômage massifs et croissants, des coupes dans les allocations sociales de première nécessité pour les personnes âgées, les handicapés et les pauvres pour gaver les gros richards de la City de Londres – voilà le visage de cette union d’impérialistes assoiffés de profit. Dans le cadre de l’UE, les politiques monétaristes antisyndicales – ce qu’on appelle aujourd’hui le « néo-libéralisme » – introduites dans les années 1980 par Reagan aux Etats-Unis et Thatcher en Grande-Bretagne ont été étendues aux pays impérialistes continentaux. Le « miracle économique » qui a, une fois de plus, fait de l’Allemagne la puissance impérialiste dominante en Europe, s’est accompli sur le dos du prolétariat allemand, en particulier avec les « réformes » Hartz IV : introduites par le chancelier social-démocrate Gerhard Schröder il y a plus de dix ans, elles se sont traduites par des coupes sombres dans les salaires et les allocations sociales.
Les effets dévastateurs de l’austérité imposée par l’UE aux économies capitalistes plus faibles, collectivement désignées sous le sobriquet péjoratif de « PIGS » [Portugal, Irlande, Grèce et Espagne, pigs voulant dire « porcs » en anglais] ne sont que trop connus. Comme il fallait renflouer les banques de Francfort, de Paris et de Londres suite à la panique financière de 2007-2008, cela a eu pour conséquence une terrible paupérisation des masses grecques et la destruction (toujours en cours) du tissu social de la société grecque. On est bien loin de l’affirmation mensongère que l’unité, dominée par les impérialistes, et une monnaie commune (l’euro) ouvriraient une ère de prospérité ! Comme le déclaraient nos camarades du Groupe trotskyste de Grèce dans leur déclaration du 17 juillet 2015 appelant à la formation urgente de comités d’action ouvriers : « L’UE et sa monnaie, l’euro, sont un piège qui n’apporte que souffrances à la grande majorité du peuple grec. Il faut dire non à l’UE et à l’euro […]. Rompez avec les capitalistes et leurs banques ! » (le Bolchévik n° 213, septembre 2015).
Un autre mythe mérite tout autant d’être jeté à la poubelle des illusions perdues, à côté de celui de la prospérité de l’UE : « l’ouverture des frontières ». Pour les accords de Schengen on avait fait miroiter la promesse de voyager sans passeport à l’intérieur de l’Europe. En fait, ils ont constitué le socle de la « forteresse Europe » raciste. On en a de nouvelles preuves chaque semaine. Quand les réfugiés fuyant les déprédations économiques des impérialistes et leurs bombardements terroristes au Proche-Orient, en Afghanistan, en Afrique et ailleurs ont commencé à affluer sur les côtes au Nord de la Méditerranée, les barrières et les points de contrôle aux frontières ont commencé à se multiplier dans toute l’Europe.
Zizanie chez les conservateurs
Le principe fondateur de l’UE a toujours été la liberté de circulation pour le capital, pas pour les personnes. Pourtant c’est le chauvinisme anti-immigrés, en particulier contre les travailleurs d’Europe de l’Est qui viennent travailler en Grande-Bretagne, qui domine jusqu’ici le débat sur le Brexit. Pour commencer, si le Premier Ministre David Cameron a appelé au référendum du 23 juin – au grand dam de son partenaire dominant américain et d’une partie substantielle de l’establishment britannique – c’est bien pour endiguer le soutien grandissant au sein du Parti conservateur et de sa base électorale dont jouit l’UKIP (Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni) de Nigel Farage, un parti violemment chauvin et anti-immigrés. Moyennant quoi le Parti conservateur est plus profondément divisé que jamais, comme l’a montré la démission du gouvernement de Iain Duncan Smith, partisan déclaré du « Brexit » [la sortie de la Grande-Bretagne de l’UE]. Duncan Smith prétend avoir démissionné à cause de la décision de diminuer les allocations pour les handicapés, mais ce n’est guère crédible s’agissant de l’homme qui a introduit l’« impôt sur les chambres » [une taxe sur les chambres prétendument inoccupées dans les logements sociaux] et qui a mené de brutales « réformes » des prestations sociales.
Dans le Parti conservateur, les camps pro et anti-UE attisent tous les deux le chauvinisme anti-immigrés. L’UKIP et les opposants à Cameron au sein du Parti conservateur veulent des contrôles aux frontières plus stricts, sans interférence de la part de l’UE, tandis que Cameron évoque le spectre de « jungles d’immigrés » dans le Sud-Est de l’Angleterre en cas de Brexit. De son côté, le ministre français de l’Economie Emmanuel Macron déclare que la France déroulera le tapis rouge devant les financiers de la City qui choisiront de déménager à Paris. Cela en dit long sur comment la fameuse « liberté de circulation » est censée fonctionner : un refuge paradisiaque pour les financiers parasites et l’enfer pour les migrants désespérés. La classe ouvrière organisée doit se mobiliser en défense des immigrés contre la réaction raciste et exiger les pleins droits de citoyenneté pour tous ceux qui réussissent à arriver en Grande-Bretagne ! Non aux expulsions !
Des années durant, Jeremy Corbyn s’est opposé au soutien de longue date du Parti travailliste à l’UE. Aujourd’hui, sous sa direction, le Parti travailliste joint sa voix à celle de Cameron pour appeler à voter pour rester dans l’UE. Corbyn met en avant sa vision d’une « Europe sociale » et s’oppose aux restrictions sur les aides aux immigrés négociées par Cameron en février. C’est en particulier pour cela que Corbyn est haï par la racaille blairiste – les Neil Kinnock, Margaret Beckett, Hilary Benn, David Blunkett, Jack Straw – qui soutient la campagne trans-partisane « pour une Grande-Bretagne plus forte dans l’Europe ». Toutefois, il se peut qu’en fin de compte le Parti travailliste, sous Corbyn, joue un rôle déterminant pour arracher une victoire pour le maintien dans l’UE, comme le faisaient remarquer les pro-UE du Guardian (16 février). Notant que « Corbyn est d’instinct plus eurosceptique que son parti », l’éditorial du Guardian mettait « au crédit de Corbyn et au bénéfice du Parti travailliste » sa décision de soutenir la ligne pro-UE. Ceci est à peu près tout ce que le Guardian a trouvé à dire en faveur de Corbyn depuis sa campagne pour se faire élire à la direction du Parti travailliste.
Le gouvernement capitaliste irlandais fait subir à sa classe ouvrière l’austérité brutale dictée par l’UE. En Ecosse, les nationalistes bourgeois du SNP [Scottish National Party] se sont engagés à maintenir l’Ecosse au sein de l’UE et de l’OTAN. Ces aspirants impérialistes de second ordre sont également loyaux envers la monarchie britannique, qui est la pierre angulaire du « Royaume-Uni », cette entité réactionnaire revendiquant la possession de l’Irlande du Nord et reposant sur la domination par l’Angleterre de l’Ecosse et du Pays de Galles. Nous, marxistes, sommes pour le droit à l’autodétermination pour l’Ecosse et le Pays de Galles, et nous luttons pour une fédération volontaire des républiques ouvrières des îles britanniques.
L’American connection
Le patronat britannique est partagé sur le référendum, et l’incertitude quant au résultat a provoqué une baisse de la livre. Beaucoup d’industriels, pour qui le continent est un gros marché à l’exportation, préfèrent que la Grande-Bretagne reste dans l’UE. Mais le plus important pour l’économie britannique n’est pas l’industrie, mais la finance. Les avis sont toutefois aussi partagés au sein de la City. Les fonds spéculatifs penchent pour la sortie afin d’échapper aux réglementations de l’UE comme le plafonnement des bonus des banquiers. En revanche, les grandes banques d’investissement sont en faveur du maintien dans l’UE. Les banques d’investissement sont les poids lourds de la City, et elles sont majoritairement américaines, allemandes et suisses. La Grande-Bretagne a beau se vanter de posséder quelques grandes banques d’investissement autochtones, la City fonctionne selon le « modèle Wimbledon » – Londres organise le tournoi mondial, mais n’est pas censée fournir les grands joueurs.
La prépondérance du parasitisme financier en Grande-Bretagne était déjà évidente à la fin du XIXe siècle. Lénine observait en 1916 « le développement extraordinaire de la classe ou, plus exactement, de la couche des rentiers, c’est-à-dire des gens qui vivent de la “tonte des coupons” » en Grande-Bretagne, dont le revenu « est cinq fois plus élevé que celui qui provient du commerce extérieur, et cela dans le pays le plus “commerçant” du monde » (l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme). La tendance que décrivait Lénine est devenue encore plus prononcée à la suite de la Deuxième Guerre mondiale. Et dans les années 1980 (suite à la défaite de la grève des mineurs de 1984-1985, ce qui n’est pas un hasard), Margaret Thatcher a orchestré la déréglementation du secteur financier, qui a conduit à une vaste expansion de la fortune des banquiers de la City.
C’est surtout depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale que l’impérialisme britannique est relégué à un rôle de partenaire subordonné des Etats-Unis – ce qui s’est manifesté de façon spectaculaire avec la crise de Suez en 1956. Dans le domaine économique, c’est le rôle que joue la City vis-à-vis de Wall Street. Au niveau militaire, la « relation spéciale » [entre la Grande-Bretagne et les Etats-Unis] signifie que les forces armées britanniques participent pratiquement à toutes les opérations militaires américaines, comme la dévastation de l’Afghanistan, de l’Irak et d’autres parties du Proche-Orient. Et, au sein de l’UE, la Grande-Bretagne joue en partie un rôle d’avocat des intérêts américains.
C’est pourquoi Washington cache difficilement sa colère envers le gouvernement Cameron pour avoir pris le risque de faire sortir la Grande-Bretagne de l’UE. Damon Wilson, ancien directeur des affaires européennes sous la présidence républicaine de George W. Bush, déclarait au cours d’un débat au Sénat américain en février dernier qu’un Brexit priverait les Etats-Unis d’« une voix capitale, non seulement dans la formulation de la politique de l’UE, mais aussi de l’avenir de l’Europe ». Barack Obama a programmé une visite en Grande-Bretagne en avril prochain pour « tendre la main devant tout le monde » afin de promouvoir le vote pour le maintien de la Grande-Bretagne dans l’UE.
L’OTAN, l’UE et la guerre froide
Le prédécesseur de l’UE, le Marché commun, avait été mis en place en tant qu’auxiliaire de l’OTAN, l’alliance militaire dominée par les Etats-Unis et dirigée contre l’Union soviétique. Selon la formule de son premier secrétaire général, Lord Ismay, son objectif était de « maintenir les Russes dehors, les Américains dedans et les Allemands en bas ». Selon la mythologie bourgeoise d’aujourd’hui, l’UE, qui est un produit de la guerre froide impérialiste, aurait empêché la répétition de la Deuxième Guerre mondiale. Au beau milieu d’une crise de l’euro, Angela Merkel déclarait : « Personne ne doit s’imaginer qu’un nouveau demi-siècle de paix en Europe soit acquis – ce n’est pas vrai » (Telegraph, 26 octobre 2011).
C’est l’Union soviétique qui avait mis fin à la guerre en Europe en libérant du Troisième Reich nazi le continent, au prix de 27 millions de morts soviétiques. La victoire de l’Armée rouge avait également arraché une grande partie de l’Europe centrale et de l’Est à l’exploitation capitaliste. Dans ce contexte, les gouvernements capitalistes d’Europe occidentale avaient concédé des systèmes de prestations sociales, ce qu’on a appelé l’« Etat-providence ».
Produit de la Révolution d’octobre 1917, l’Union soviétique était restée un Etat ouvrier reposant sur l’expropriation des capitalistes et la collectivisation des moyens de production, et ceci malgré sa dégénérescence sous la caste bureaucratique dirigée par Staline. Jusqu’à la défaite finale, nous avons combattu pour la défense militaire inconditionnelle de l’Union soviétique et des Etats ouvriers déformés d’Europe centrale et de l’Est qui étaient organisés selon le même modèle : nous avions la perspective d’une révolution politique prolétarienne pour chasser la bureaucratie stalinienne et remettre l’URSS sur la voie internationaliste des bolchéviks de Lénine et Trotsky. Nous, trotskystes, avons été les seuls à lutter pour préserver et étendre ces acquis révolutionnaires de la classe ouvrière tandis que toutes les autres tendances sur la planète ont capitulé devant la pression idéologique de l’anticommunisme.
La restauration du capitalisme en Union soviétique en 1991-1992 a conduit à la paupérisation des masses laborieuses dans toutes les anciennes républiques soviétiques et elle a provoqué toute une vague de massacres intercommunautaires. En l’absence du contrepoids que représentait l’Union soviétique, l’impérialisme américain s’est enhardi pour fouler au pied les exploités et les opprimés du monde entier, des Balkans jusqu’au Proche-Orient. La contre-révolution capitaliste a également encouragé les classes dirigeantes impérialistes d’Europe à s’attaquer aux acquis sociaux associés à l’« Etat-providence » de l’après-guerre.
Après la contre-révolution capitaliste, qui a jeté les bases d’une Allemagne renforcée et réunifiée, l’OTAN est devenue principalement un instrument des Etats-Unis pour affirmer leur domination militaire en Europe. Comme nous l’écrivions au moment du traité de Maastricht de 1992, qui créait l’UE :
« La période de l’après-guerre a pris fin il y a deux ans et demi, quand la bureaucratie soviétique de Gorbatchev, en voie de désintégration, a abandonné l’Allemagne de l’Est, annulant ainsi la victoire de l’Armée rouge sur le Troisième Reich nazi […]. « L’Allemagne de l’Ouest a été transformée : auparavant alliée de guerre froide de l’impérialisme américain, elle est devenue un Quatrième Reich qui cherche à dominer l’Europe. »
– « Euro-chaos », Workers Vanguard n° 560, 2 octobre 1992
Pour brider les ambitions de l’impérialisme allemand, Washington avait insisté que l’Allemagne devait demeurer membre de l’OTAN après avoir annexé l’ex-Etat ouvrier est-allemand (RDA). Quand l’impérialisme allemand réunifié précipita l’éclatement sanglant de l’Etat ouvrier déformé yougoslave en orchestrant la sécession de la Croatie et de la Slovénie, les Etats-Unis répliquèrent par une intervention militaire de l’OTAN en Bosnie. Les Etats-Unis commencèrent aussi à étendre l’OTAN vers l’Europe de l’Est, y compris en parrainant et en finançant diverses « révolutions de couleur » dans les pays précédemment soviétiques ou alliés des Soviétiques. Ces opérations ont mené il y a deux ans au coup d’Etat en Ukraine, où grouillaient les fascistes.
Pour sa part, l’impérialisme français soutint l’unification allemande à la condition que l’Allemagne accepte une monnaie européenne commune, dans le but de contenir la puissance du deutschemark. Sur l’ordre de Jacques Delors, membre du Parti socialiste français, la monnaie unique fut inscrite dans le traité de Maastricht qui créait le cadre de l’UE d’aujourd’hui. Loin d’affaiblir la puissance de l’impérialisme allemand, l’euro l’a renforcée, y compris vis-à-vis de son rival français.
Toutefois, les rivalités interimpérialistes demeurent largement en sourdine depuis la chute de l’URSS, en raison de la puissance militaire disproportionnée des Etats-Unis qui surpasse de très loin celle de ses principaux rivaux impérialistes, l’Allemagne et le Japon. Dans le même temps, la puissance militaire des Etats-Unis est sans commune mesure avec sa puissance économique.
Derrière la façade de l’unité américano-européenne contre la Russie capitaliste de Poutine, les rivalités interimpérialistes s’aiguisent. Londres rechigne à s’aliéner les riches oligarques russes, pour qui la City est un centre bancaire offshore et un lieu de villégiature. Le gouvernement français était réticent à annuler ses lucratives ventes d’armes au régime de Poutine. Et l’impérialisme allemand dépend de la Russie pour son commerce et son approvisionnement en énergie. Les impérialistes américains ont pour préoccupation majeure aujourd’hui d’empêcher une alliance germano-russe. La puissance militaire allemande est sans commune mesure avec celle des Etats-Unis – même si cela pourrait changer à brève échéance étant donné la base industrielle de l’Allemagne. Mais la puissance économique allemande, combinée au substantiel arsenal russe, dont une grande partie est héritée de l’ex-Union soviétique, pourrait constituer à l’avenir un contrepoids aux Etats-Unis.
Les habits neufs de l’« ultra-impérialisme » de Kautsky
Dans le chaos croissant qui menace l’UE, un Brexit porterait un grand coup à ce conglomérat dominé par les impérialistes ; cela le déstabiliserait encore plus et créerait des conditions plus favorables aux luttes de la classe ouvrière partout en Europe, notamment en Grande-Bretagne contre un gouvernement conservateur affaibli et discrédité. Mais le Parti travailliste et la bureaucratie syndicale, tout comme les sociaux-démocrates et les chefs traîtres des syndicats dans toute l’Europe, refusent au contraire de mobiliser contre l’UE, abandonnant le terrain de l’opposition à l’UE aux réactionnaires et aux fascistes ouvertement anti-immigrés.
Au début des années 1970, 70 % environ de la population britannique s’opposait à l’adhésion au Marché commun ; la gauche du Parti travailliste et le Congrès des syndicats (TUC) s’y opposaient alors aussi, même si c’était dans la perspective nationaliste de la « petite Angleterre » et du protectionnisme pour « sauver les emplois britanniques ». Le protectionnisme sert de couverture au rejet de la lutte de classe en faveur de la collaboration de classes et il attise la pire xénophobie chauvine. Face à de tels appels misérables à « son propre » gouvernement, les marxistes opposent le combat des syndicats, basé sur la lutte de classe, contre les fermetures d’usine et pour des emplois pour tous, sans perte de salaire.
En tout cas, quand la Grande-Bretagne a adhéré au Marché commun à l’issue du référendum de 1975, la bureaucratie du TUC n’a pas émis la moindre protestation. Après avoir trahi la grève héroïque des mineurs en 1984-1985 – dont la victoire aurait pu repousser l’offensive antisyndicale et encourager la lutte de classe en Europe –, les dirigeants syndicaux britanniques ont ensuite trouvé une bonne excuse pour abandonner leur opposition purement formelle au club capitaliste européen. Leur « conversion » a été l’œuvre de Jacques Delors, qui a appris au TUC comment vendre la « dimension sociale » de ce bloc commercial impérialiste. Dans une déclaration adoptée lors de son dernier congrès, en septembre dernier, le TUC affirmait : « Au fil des ans, le Congrès a constamment exprimé son soutien à une Union européenne qui apporte une prospérité économique basée sur la justice sociale, les droits civiques et les droits de l’homme, l’égalité pour tous et des droits sur le lieu de travail ». La « justice sociale » et les « droits » que l’UE est censée incarner – et qu’elle n’a assurément pas apportés – fournissent une couverture superficielle et bon marché pour les privatisations, les coupes claires dans les prestations sociales, les licenciements et toute la politique d’ouverture des services publics au marché, tout en réduisant les salaires et le niveau de vie des travailleurs partout en Europe.
Bien qu’habituellement dans l’orbite du Parti travailliste, le Socialist Party du Comité pour une internationale ouvrière (CIO) de Peter Taaffe [représenté en France par la Gauche révolutionnaire] et le Socialist Workers Party (SWP) de Tony Cliff se sont prononcés en faveur d’un vote pour la sortie de l’UE au nom de l’opposition à l’austérité. Ces deux groupes relèvent les attaques dévastatrices de l’UE contre la population grecque. Mais leur opposition verbale est démentie par leurs actes politiques. Tous les deux se sont félicités de la première victoire électorale du parti pro-UE Syriza en janvier 2015. Le gouvernement Syriza a ensuite mis en œuvre les diktats d’austérité de l’UE. De son côté, la « Coalition des syndicalistes et des socialistes » dominée par le Socialist Party et soutenue par le SWP s’oppose à l’appartenance à l’UE, avec cette réserve qu’elle « respectera pleinement le droit des membres de notre coalition ne soutenant pas cette position à faire campagne publiquement pour leur propre position ».
L’Alliance for Workers’ Liberty (AWL), un groupe (à peine) réformiste, est au premier plan de la lutte pour l’UE. L’AWL a lancé une campagne intitulée « Restons-y et luttons pour une Europe ouvrière » et elle a pondu une série de motions modèles visant à mobiliser les sections syndicales, le Parti travailliste et les autres organisations contre un Brexit. Une déclaration de l’AWL intitulée « L’unité limitée de l’Union européenne en danger » fustige le référendum de Cameron en l’accusant d’accroître la menace contre la « trame » de l’unité européenne (Solidarity, 27 janvier). L’AWL ajoute :
« Même sous le capitalisme, une unité européenne volontaire est meilleure que de hautes barrières entre les pays. C’est un progrès, comparé aux siècles de querelles entre élites, de guerres et de nationalisme. Au niveau social et économique, l’Europe est l’arène rationnelle pour développer les économies des pays européens et pour commencer à niveler par le haut la condition des travailleurs partout en Europe et au-delà, pour organiser la production industrielle et agricole afin qu’elle bénéficie à la race humaine tout entière, ainsi que pour protéger l’environnement dont nous dépendons tous. »
Cet hymne à l’unité capitaliste européenne ferait honte même au renégat du marxisme Karl Kautsky. En 1914, à la veille de la Première Guerre mondiale interimpérialiste, Kautsky postulait la possibilité d’un capitalisme « pacifique » basé sur les monopoles supranationaux : « la politique impérialiste actuelle ne peut-elle pas être supplantée par une politique nouvelle, ultra-impérialiste, qui substituerait à la lutte entre les capitaux financiers nationaux l’exploitation de l’univers en commun par le capital financier uni à l’échelle internationale ? Cette nouvelle phase du capitalisme est en tout cas concevable » (cité par Lénine dans l’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916). La brochure de Lénine, qui élaborait une conception marxiste de l’impérialisme, était une polémique argumentée contre les illusions semées par Kautsky.
Lénine démontrait que l’impérialisme n’est pas une option politique, mais au contraire le stade final inéluctable du capitalisme, la concurrence de libre marché conduisant à la domination du capitalisme monopoliste, et le capital financier recouvrant complètement le capital industriel. Un corollaire inévitable de l’émergence et de la domination du capital financier fut la croissance du militarisme, les grandes puissances rivalisant l’une avec l’autre pour le contrôle des colonies et des sphères d’exploitation ; processus qui aboutit finalement à la guerre du fait des changements de rapports des forces. Lénine concluait à propos de Kautsky :
« la signification sociale objective, c’est-à-dire réelle, de sa “théorie” est et ne peut être que de consoler les masses, dans un esprit éminemment réactionnaire, par l’espoir d’une paix permanente en régime capitaliste, en détournant leur attention des antagonismes aigus et des problèmes aigus de l’actualité, et en l’orientant vers les perspectives mensongères d’on ne sait quel futur “ultra-impérialisme” prétendument nouveau ».
Les crises qui assaillent aujourd’hui l’UE démontrent à nouveau la contradiction entre le marché mondial international créé par le capitalisme et l’Etat-nation, au moyen duquel le capitalisme est apparu et s’est développé. L’Etat-nation est devenu un obstacle à l’expansion des forces productives. Mais cet obstacle ne peut être transcendé par une sorte d’institution capitaliste supranationale. Le capitalisme repose sur la concurrence entre cartels capitalistes – dont chacun dépend en fin de compte de la puissance militaire de son propre Etat capitaliste pour protéger ses investissements – de manière à obtenir le retour sur investissement le plus élevé, c’est-à-dire l’exploitation maximale de la classe ouvrière à l’intérieur et à l’étranger. Les pays les plus puissants domineront inévitablement les pays plus faibles et chercheront à s’arroger une part plus grande des profits. Le but de l’UE est de faciliter cela.
Le fait que cette alliance impérialiste instable a duré aussi longtemps est principalement la responsabilité des travaillistes, des sociaux-démocrates et de leurs complices dans la bureaucratie syndicale. Non seulement ils ont insisté auprès des ouvriers pour qu’ils soutiennent politiquement l’UE, mais ils ont aussi aidé les bourgeoisies impérialistes en refusant de mener le genre de lutte de classe qui aurait pu repousser les mesures antisyndicales et l’austérité infligées par les capitalistes. La Ligue communiste internationale se bat pour forger des partis d’avant-garde prolétariens et internationaux sur le modèle des bolchéviks de Lénine, pour diriger de nouvelles révolutions d’Octobre en Grande-Bretagne et partout dans le monde. Ce que nous écrivions il y a plus de 40 ans dans « Les travailleurs et le Marché commun » reste vrai par rapport à l’UE :
« Seule l’unité sur une base socialiste, réalisée par la révolution prolétarienne et l’expropriation des grands monopoles, peut inaugurer un développement économique mondial rationnel sans exploitation. Des Etats-Unis socialistes d’Europe ne peuvent être créés que sur la base de la lutte la plus vigoureuse contre le Marché commun capitaliste et tout ce qu’il représente. Et ce n’est que si elle est placée sous le contrôle uni des ouvriers eux-mêmes que la capacité productive de l’Europe pourra être mise au service des travailleurs du monde entier. »
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/216/brexit.html
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2016.05.20 16:38 ShaunaDorothy La bataille pour la direction du Parti travailliste agite la Grande-Bretagne - Jeremy Corbyn : le cauchemar de Tony Blair ! (Septembre 2015)

https://archive.is/mN5h0
Le Bolchévik nº 213 Septembre 2015
La bataille pour la direction du Parti travailliste agite la Grande-Bretagne
Jeremy Corbyn : le cauchemar de Tony Blair !
Londres – Un changement saisissant a frappé la scène politique britannique cet été. Après la défaite du Parti travailliste aux élections législatives de mai dernier, le chef de file du parti, Ed Milliband, a démissionné et son successeur doit être désigné par une élection interne. Jeremy Corbyn, député travailliste de longue date, est entré en lice sur un programme pro-classe ouvrière et anti-austérité, et il a rapidement distancé les autres candidats. Les militants ont commencé à voter (par courrier ou Internet) et le résultat sera annoncé le 12 septembre.
Trois des quatre candidats (Andy Burnham, Yvette Cooper et Liz Kendall) se placent dans la tradition anti-ouvrière du « Nouveau Parti travailliste » de Tony Blair. Jeremy Corbyn est un pilier de l’aile gauche du « Parti travailliste à l’ancienne » d’avant Blair. Député depuis 32 ans, Corbyn a voté environ 500 fois en opposition aux consignes de son groupe parlementaire depuis 2001. Il avait toutefois réussi à ne pas trop se faire remarquer et à éviter les déclarations fracassantes.
La progression fulgurante de Corbyn pour prendre la direction du Parti travailliste a été un choc pour pratiquement tout le monde – y compris lui-même – et elle fait souffler un vent de panique sur l’establishment travailliste. Aux quatre coins du pays, les travailleurs et les jeunes se pressent dans les meetings pour venir applaudir Corbyn. Depuis le mois de mai, le Parti travailliste a triplé le nombre de ses adhérents, qui sont maintenant environ 600 000 ; des centaines de milliers de gens ont adhéré au parti ou ont payé 3 livres sterlings pour s’enregistrer comme sympathisants afin de pouvoir voter pour Corbyn. Horrifiés par cet afflux de partisans de Corbyn, les dirigeants travaillistes ont lancé une campagne hystérique en forme de chasse aux sorcières antirouge contre ses partisans ; ils crient que le parti est en train de se faire infiltrer par des « trotskards » et autres engeances malfaisantes. Des dirigeants travaillistes d’hier et d’aujourd’hui gémissent qu’une victoire de Corbyn rendrait le Parti « inéligible ». L’appareil du parti est frénétiquement en train de passer au crible la liste des nouveaux adhérents et il a déjà déclaré nuls plus de 50 000 votes.
Corbyn n’est pas et ne se prétend pas marxiste. Mais sa campagne représente une opposition, basée sur la classe ouvrière, à l’aile droite blairiste qui dirige actuellement le Parti travailliste. Dans leur tract du 12 août que nous reproduisons ci-dessous, nos camarades de la Spartacist League/Britain saluent la campagne de Corbyn en notant qu’elle aborde des questions qui concernent les intérêts des travailleurs. En même temps, si les principales revendications de Corbyn sont dignes de soutien, les questions fondamentales auxquelles sont confrontés les exploités et les opprimés ne peuvent être résolues dans le cadre du réformisme parlementaire travailliste à l’ancienne de Corbyn ; ce réformisme parlementaire a toujours soutenu le système capitaliste.
Le Parti travailliste avait été créé au début du XXe siècle par la bureaucratie syndicale, qui voulait ainsi avoir sa voix au parlement. Le vieux Parti travailliste était un exemple classique de ce que Lénine, le dirigeant de la Révolution russe, appelait un parti ouvrier-bourgeois : une base ouvrière encombrée d’une direction et d’un programme procapitalistes. Ce qui donnait son caractère distinctif à ce parti, c’étaient ses liens organiques avec les syndicats. Les syndicats faisaient partie intégrante de la structure du parti – les adhérents aux syndicats affiliés devenaient plus ou moins automatiquement membres du parti et les cotisations syndicales constituaient sa principale source de financement.
Devenu chef de file du Parti travailliste, Tony Blair avait engagé sa « modernisation ». Il y a vingt ans de cela, il avait proclamé son intention de couper le lien avec les syndicats et de transformer ainsi le Parti travailliste en un parti ouvertement capitaliste, comme le Parti démocrate aux Etats-Unis. Ce « projet Blair » a été une entreprise de longue haleine, notamment parce que les chefs travaillistes voulaient conserver les contributions des syndicats, qui demeurent la principale source de financement du parti. De son côté, la direction procapitaliste des syndicats continuait à s’accrocher au Parti travailliste, alors même que ce parti était devenu un repoussoir pour les syndiqués de base. Depuis des années, le Parti travailliste est moribond en tant que parti réformiste de la classe ouvrière. Finalement, en mars 2014, une conférence extraordinaire du Parti travailliste a voté la « désaffiliation » des syndicats au terme d’une période de cinq ans. Par une délicieuse ironie de l’histoire, si les nouveaux adhérents qui affluent pour soutenir Corbyn ont aujourd’hui le droit de voter pour désigner le chef du parti c’est grâce aux nouvelles règles adoptées à cette même conférence qui a décidé la désaffiliation des syndicats.
Corbyn répète que, s’il est élu, il cherchera à préserver l’unité avec l’aile droite du parti. Mais il est clair que deux classes opposées sont en train de s’affronter à l’intérieur du même parti : d’un côté les blairistes, avec derrière eux la majorité des députés travaillistes, qui font ouvertement allégeance aux banquiers de la City de Londres et veulent rompre tout lien avec les syndicats ; de l’autre Corbyn qui veut ressouder les liens avec les syndicats, qui eux-mêmes le soutiennent dans leur écrasante majorité. Lors d’un meeting à Glasgow, les mille personnes présentes ont bruyamment acclamé Corbyn quand celui-ci a déclaré qu’il n’avait pas honte des liens entre son parti et les syndicats : il en était fier. Il est extrêmement populaire auprès des ouvriers britanniques, qui subissent depuis des dizaines d’années les effets de graves défaites – et à qui on dit depuis plus longtemps encore de rester « à leur place ».
Après 18 ans de gouvernement conservateur (sous Margaret Thatcher et son successeur), les gouvernements travaillistes de Tony Blair puis de Gordon Brown avaient poursuivi les attaques thatchériennes contre les syndicats, les travailleurs et les minorités. Une affaire qui heurte particulièrement la classe ouvrière est la privatisation par morceaux du National Health Service, le service de santé publique garantissant des soins médicaux gratuits pour tous. Mais le crime pour lequel Blair est le plus haï est d’avoir entraîné la Grande-Bretagne dans la guerre en Irak aux côtés des Etats-Unis. Quand Jeremy Corbyn a annoncé récemment que s’il était élu il présenterait des excuses pour le rôle joué par la Grande-Bretagne dans cette guerre, c’était un missile dirigé contre les blairistes.
La presse bourgeoise a comparé la campagne de Corbyn à celle aux Etats-Unis du sénateur du Vermont Bernie Sanders, qui est aujourd’hui la coqueluche d’une partie de la gauche américaine. Il y a cependant une différence fondamentale entre les deux : Corbyn cherche à recréer un parti réformiste « travailliste à l’ancienne », tandis que Sanders est candidat à l’investiture du Parti démocrate, un parti bourgeois. Même s’il cherche à se faire passer pour un « socialiste », Sanders est un politicien capitaliste.
De plus, il y a entre Corbyn et Sanders des divergences politiques substantielles. Sanders a soutenu les interventions militaires américaines à l’étranger (y compris en Irak et en Afghanistan), il a approuvé la « guerre contre le crime » (lire : contre les Noirs) et il a voté pour une résolution du Sénat soutenant le massacre par Israël des Palestiniens à Gaza en 2014. Pour sa part, Corbyn a voté au parlement contre l’invasion de l’Irak et contre les mesures de répression intérieure introduites au nom de la « guerre contre le terrorisme » et visant principalement les musulmans. Lors d’un meeting dans l’Est de Londres, il a condamné sous un tonnerre d’applaudissements les répugnantes déclarations racistes du Premier Ministre David Cameron qui avait évoqué « une nuée » d’immigrés. Il n’est pas surprenant que Corbyn ait un important soutien parmi les minorités noires et asiatiques du pays.
Corbyn s’est fait brocarder par les chefs du Parti travailliste, par les conservateurs et par la presse de droite, qui pensent tous que le type de socialisme qu’il incarne ne devrait plus exister. L’humoriste écossais Frankie Boyle a récemment épinglé les lords qui critiquaient Corbyn : « J’adore quand les lords conservateurs traitent Corbyn de “passéiste”. Un gars avec une perruque en crin et une houppelande, qui a un boulot à vie parce que son arrière-arrière-arrière-grand-père était doué pour choisir les esclaves les plus vigoureux ? »
Pourquoi Corbyn, à 66 ans, est-il si populaire parmi les jeunes ? Voici ce qu’en pense un de ses partisans interrogé par le journaliste Seumas Milnes : « Les gens disent que c’est un vieux gauchiste ou un vieux marxiste, mais pour ma génération ses idées paraissent tout à fait nouvelles » (Guardian, 5 août). Le réformisme « travailliste à l’ancienne » de Corbyn repose sur l’illusion qu’on pourrait transformer le capitalisme britannique pour satisfaire les besoins des travailleurs en faisant passer des lois au parlement et en nationalisant l’industrie.
Corbyn argumente en faveur d’une réindustrialisation de la Grande-Bretagne, qui est effectivement nécessaire, de même qu’il est nécessaire de rénover complètement ses infrastructures, de reconstruire sa base industrielle déliquescente et de redonner à sa classe ouvrière un travail productif. Mais les capitalistes de la finance ne vont pas faire le choix de lâcher les millions faciles qu’ils se font avec les tripotages bancaires et de se lancer dans des investissements à la rentabilité incertaine pour réindustrialiser le Nord de l’Angleterre. Pour les capitalistes, la règle d’or c’est d’investir là où le taux de rentabilité est le plus élevé, et on ne peut pas changer cela en faisant passer des lois au parlement. Le parti dont la classe ouvrière a besoin n’est pas une nouvelle version du « Parti travailliste à l’ancienne », mais un parti révolutionnaire qui mènera la lutte pour la révolution socialiste.
– Traduit de Workers Vangard n° 1073, 4 septembre
« Il est possible que Corbyn perde, qu’il soit déposé, qu’il parte en vrille, mais j’aime tant ce son si doux, si merveilleux de Tony Blair qui sanglote. »
– Derek Wall, « socialiste vert »
12 août – La campagne de Jeremy Corbyn pour le poste de chef de file du Parti travailliste fait écumer de rage la droite, depuis le Daily Mail et la presse de Rupert Murdoch jusqu’à Tony Blair et ses successeurs. Corbyn a le soutien enthousiaste des jeunes, des travailleurs et des minorités qui en ont ras-le-bol de l’austérité, du racisme et des guerres que leur administrent depuis des années gouvernements conservateurs et gouvernements travaillistes. Pour la première fois depuis une éternité, voilà une campagne s’adressant aux besoins que ressentent les travailleurs.
Corbyn dénonce les attaques du gouvernement conservateur contre les prestations sociales et le NHS [le système de santé publique britannique] ; il est pour des retraites et des salaires décents dans le secteur public. Il est pour renationaliser les services privatisés (chemins de fer, poste, énergie). Tous les grands syndicats le soutiennent, notamment parce qu’il veut supprimer les lois antisyndicales. Il réclame des logements abordables – un besoin urgent pour les millions de personnes confrontées aux prix de l’immobilier et aux loyers exorbitants. Parmi ses propositions figurent l’abolition des droits d’inscription à l’université et le rétablissement des bourses d’études. Corbyn s’oppose à la « guerre contre le terrorisme » menée par le gouvernement et dont les musulmans sont la cible. Et on doit mettre à son crédit d’avoir dénoncé la manière dont la direction travailliste caressait dans le sens du poil le racisme anti-immigrés de l’UKIP [Parti pour l’indépendance du Royaume-Uni, extrême droite] pendant la dernière campagne pour les législatives.
La campagne de Corbyn se situe à la gauche des nationalistes bourgeois du SNP [Parti national écossais], qui avaient écrasé le Parti travailliste en Ecosse aux dernières élections. Contrairement au SNP, Corbyn est contre l’OTAN et pour la sortie de la Grande-Bretagne de cette alliance militaire impérialiste. Contrairement à une partie de la gauche qui a hurlé avec les loups impérialistes sur la question de l’Ukraine, Corbyn reconnaît au moins l’évidence : « Ce sont les efforts des Etats-Unis pour étendre leur influence à l’Est qui sont à la source de la crise dans cette ex-république soviétique » (édition en ligne du Morning Star, 17 avril 2014). Il est aussi opposé à la modernisation du système britannique de missiles nucléaires Trident, et il réclame depuis longtemps le retrait des troupes britanniques d’Afghanistan et d’Irak. Il critique l’Union européenne (UE) et demande l’annulation de la dette grecque qui affame le peuple grec. Cependant, alors que nous, marxistes révolutionnaires, sommes opposés par principe à cette alliance dominée par les impérialistes, Corbyn veut réformer l’UE – il veut une « meilleure Europe ».
Corbyn est un représentant honnête, avec des principes, de l’aile gauche du « Parti travailliste à l’ancienne », dans la tradition de Nye Bevan, Michael Foot et Tony Benn, et il est à ce titre un défenseur éloquent de la cause du « socialisme » parlementaire. Tous les gouvernements travaillistes à l’ancienne ont loyalement servi la classe capitaliste britannique en menant des attaques contre la classe ouvrière à l’intérieur du pays et en soutenant l’impérialisme britannique dans ses guerres à l’étranger. Le Parti travailliste avait soutenu l’impérialisme britannique pendant la Deuxième Guerre mondiale ; il avait présidé à la partition sanglante de l’Inde en 1949, et en 1969 il avait envoyé l’armée en Irlande du Nord. L’unité avec l’aile droite du Parti travailliste a toujours été sacro-sainte pour la gauche du Parti travailliste, y compris pour Benn et Corbyn – tandis que de leur côté les groupes réformistes comme le Socialist Workers Party et le Socialist Party s’accrochaient à la gauche travailliste.
Les revendications avancées par Corbyn pendant sa campagne sont dignes de soutien, mais elles ne sont pas réalisables au moyen du parlementarisme travailliste à l’ancienne. Même pour commencer à s’attaquer sérieusement à des questions comme le droit à l’emploi pour tous, à une éducation et à des soins médicaux gratuits et de qualité, il faut mobiliser les syndicats pour en faire des organisations de combat de la classe ouvrière avec à leur tête une nouvelle direction lutte de classe. Pour régénérer les anciennes régions industrielles et jeter les bases d’un niveau de vie décent pour tous, il faut renverser la domination capitaliste. La révolution socialiste brisera l’Etat capitaliste, expropriera la bourgeoisie et jettera les bases d’une économie planifiée et socialisée à l’échelle internationale.
Une révolution ouvrière victorieuse en Grande-Bretagne mettra fin au pouvoir capitaliste basé sur le parlement de Westminster : abolition de la monarchie, séparation de l’Eglise anglicane et de l’Etat, abolition de la Chambre des Lords ! Pour le droit à l’autodétermination de l’Ecosse et du Pays de Galles ! Pour une fédération librement consentie des républiques ouvrières des îles Britanniques ! Pour des Etats-Unis socialistes d’Europe !
La Spartacist League se bat pour construire le parti ouvrier révolutionnaire, section d’une Quatrième Internationale trotskyste reforgée, qui est l’outil nécessaire pour réaliser cette tâche.
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/213/corbyn.html
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2016.05.10 20:55 ShaunaDorothy Le gouvernement de Dublin lance une attaque sauvage contre la classe ouvrière - L’Irlande ravagée par la crise économique européenne (Décembre 2010)

https://archive.is/hlC6r
Le Bolchévik nº 194 Décembre 2010
L’article ci-dessous, écrit par nos camarades de la Spartacist League/Britain, est traduit de Workers Vanguard n° 970, 3 décembre.
Confrontée à une crise financière dramatique qui menace d’engloutir d’autres pays européens, l’Irlande est en plein cauchemar économique. Avec des banques irlandaises exposées à des dettes massives dites « toxiques », le gouvernement de Dublin a été contraint de négocier un plan de sauvetage d’environ 85 milliards d’euros auprès du fonds d’urgence de l’Union européenne (UE). Avant même que les conditions du plan de sauvetage des banques aient été approuvées par la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international (FMI), le gouvernement irlandais a annoncé un plan brutal d’austérité visant à réduire de 15 milliards d’euros le budget (déjà considérablement amputé).
Le « Plan national de redressement » élaboré par le Taoiseach (Premier ministre) Brian Cowen, du parti Fianna Fail, représente l’attaque la plus sévère contre le niveau de vie des travailleurs dans toute l’histoire de l’Etat irlandais. Soutenu par le Parti vert, partenaire de Cowen dans la coalition gouvernementale, le plan inclut la suppression d’environ 25 000 emplois dans le secteur public, de fortes hausses des impôts et des frais d’inscription des étudiants, de nouvelles réductions des prestations sociales et des salaires du secteur public ainsi qu’une réduction punitive d’un euro par heure du salaire minimum. Le budget doit être approuvé par le Dail (parlement) début décembre. Des élections législatives doivent suivre en janvier 2011, si le gouvernement n’est pas tombé d’ici là.
Néanmoins, le budget draconien de Dublin n’a pas suffi à calmer les marchés financiers, et les ventes massives de titres de dettes continue, ce qui entraîne l’explosion du coût des emprunts publics. La crise irlandaise arrive à peine six mois après le plan de sauvetage monstre de 110 milliards d’euros de l’UE pour la Grèce ; aujourd’hui, le Portugal et l’Espagne, fortement endettés, sont déjà rattrapés par la panique qui touche les marchés financiers européens, et des pays comme la Belgique sont aussi en grand danger. Les fonds destinés au sauvetage de l’Irlande vont servir à soutenir ses principaux créanciers, qui sont principalement des banques britanniques. Parmi celles-ci figurent la Royal Bank of Scotland et la Lloyds, qui toutes deux ont déjà été renflouées par les contribuables britanniques et qui, à elles deux, détiennent pour près de 80 milliards de livres [95 milliards d’euros] de dette irlandaise.
Les banques françaises et allemandes détiennent aussi beaucoup de dette irlandaise. Mais la vraie inquiétude concerne l’Espagne dont l’économie (sans parler du déficit) est considérablement plus grande que celles de la Grèce, de l’Irlande et du Portugal réunies et pourrait être tout simplement trop grande pour que l’UE puisse la renflouer. Si la crise s’étend au-delà de l’Irlande, cela pourrait remettre en question l’existence de la monnaie unique européenne.
Le renflouement des banques européennes est l’objectif principal des plans de sauvetage impérialistes de l’Irlande, de la Grèce et de tous les autres pays dont il est question. En Irlande, en Grande-Bretagne et dans l’ensemble de l’Europe, chaque gouvernement est déterminé à faire payer aux masses travailleuses une crise qui est causée par le système capitaliste lui-même. Les mesures d’austérité que les gouvernements sont en train d’essayer de faire passer incluent des coupes claires dans les salaires des travailleurs du secteur public, la réduction des retraites et l’augmentation des impôts, toutes choses qui frappent plus durement les plus pauvres. En Irlande et ailleurs, ceci inclut les travailleurs immigrés.
Pour une lutte de classe contre l’austérité capitaliste !
Le seul moyen de lutter contre ces attaques, c’est par une lutte de classe sans concession. Cette année, la classe ouvrière grecque a déjà mené plusieurs grèves d’une journée contre l’austérité. En septembre et en octobre, les syndicats français ont plusieurs fois paralysé le pays – notamment en bloquant les raffineries — en opposition à la loi visant à augmenter l’âge de la retraite. Et les syndicats espagnols et portugais ont organisé des grèves générales d’une journée contre les mesures d’austérité. Cependant, l’efficacité des luttes des travailleurs a été émoussée par la banqueroute politique des directions réformistes des travailleurs qui acceptent l’austérité capitaliste comme inéluctable tout en cherchant à atténuer les coups.
Ce qui est nécessaire, c’est de forger une direction révolutionnaire de la classe ouvrière basée sur la conception que le prolétariat et les vampires capitalistes n’ont aucun intérêt en commun : les travailleurs doivent se battre pour ce dont ils ont besoin, et non pour ce que les patrons disent pouvoir se permettre. Au pouvoir capitaliste qui a mené l’Irlande au bord de la banqueroute, les travailleurs doivent dire : A bas le Plan national de redressement ! Mais pour mettre en branle la puissance sociale de la classe ouvrière organisée et forger une direction lutte de classe dans les syndicats, il faut mener une lutte politique contre la bureaucratie réformiste des syndicats et les dirigeants du Parti travailliste qui ont pris l’engagement de défendre les intérêts du capitalisme irlandais.
La servilité de la bureaucratie syndicale s’est manifestée début 2010, quand les dirigeants des principaux syndicats irlandais ont signé avec le gouvernement l’« accord de Croke Park », par lequel ils s’engageaient en fait à renoncer à la lutte de classe contre une série de réductions budgétaires déjà annoncées, et ce jusqu’en 2014. L’un des signataires, Jack O’Connor, dirigeant du Syndicat des personnels techniques, industriels et des services, a expliqué qu’il n’y avait aucune alternative. « Supposons un instant que nous puissions gagner une bataille industrielle pour un meilleur accord – nous serions toujours confrontés au déficit », déclarait-il au Financial Times de Londres (23 mai). L’accord de Croke Park est l’aboutissement d’années d’accords de « partenariat » traîtres qui ont maintenu les salaires des travailleurs à un bas niveau durant les années de boom afin de soutenir l’économie du « tigre celtique ». Il n’y a pas de partenariat entre le capital et le travail, dont les intérêts de classe sont inconciliables !
Lors d’une manifestation de masse organisée à l’appel du Congrès des syndicats irlandais (ICTU) le 27 novembre, O’Connor a été hué par les manifestants qui criaient « Vendu ! » Le slogan de l’ICTU pour la manifestation était « Il y a un meilleur moyen, plus juste » … de résoudre la crise capitaliste. Un des plus grands syndicats du pays, le Syndicat des électriciens et des techniciens, a appelé à une campagne de désobéissance civile « si le gouvernement n’organise pas de nouvelles élections législatives ». A la remorque du Parti travailliste et des dirigeants syndicaux, les groupes de gauche réformistes sont aussi en train de jeter leurs filets pour les élections législatives. Joe Higgins, député du Socialist Party au Parlement européen, a annoncé que son parti va s’associer avec ce qui reste du Socialist Workers Party (SWP) pour former la United Left Alliance (Alliance de la gauche unie – ULA). Higgins a été rejoint par Richard Boyd-Barrett, un conseiller municipal élu sur la liste « People Before Profit Alliance » [Alliance pour les gens avant les profits] conduite par le SWP.
Afin que personne ne pense que l’ULA représente une menace pour l’Etat capitaliste irlandais, Boyd-Barrett assurait dans une déclaration à l’Irish Times ( 26 novembre) que cette alliance était basée sur de « simples principes de solidarité et de pouvoir populaire », et qu’il ne s’agissait pas « de parler d’extrémisme ». Le SWP est tellement embourbé dans l’idéologie de la « mort du communisme » que même les réformistes invétérés du Socialist Party déplorent que le SWP ait argumenté que « des politiques socialistes dissuaderont les gens de voter pour nos candidats ou de s’impliquer dans une alliance de gauche » (socialistparty.net, 11 novembre).
Quant à la version du « socialisme » que propose le Socialist Party, elle n’est pas autre chose que du réformisme travailliste à l’ancienne, résumé aujourd’hui dans son appel à la nationalisation des banques (accompagné du mot d’ordre « assez de plans de sauvetage »). Même en laissant de côté le fait que les banques sont soit déjà nationalisées, partiellement nationalisées ou sur le point de l’être, ce n’est nullement une mesure « socialiste » mais simplement un plan pour essayer de remédier à la crise capitaliste. Loin de constituer une remise en cause de l’Etat capitaliste clérical irlandais, l’ULA ne sera rien d’autre qu’un auxiliaire du Parti travailliste.
Des élections législatives conduiront presque certainement à un gouvernement de coalition entre le Fine Gael, un parti bourgeois, et le Parti travailliste. En effet, on estime actuellement que le Parti travailliste attirera les voix des travailleurs qui votaient traditionnellement pour le Fianna Fail. Actuellement crédité par les sondages de 27 % des intentions de vote, contre 10-12 % habituellement, le rôle potentiel du Parti travailliste dans le prochain gouvernement sera particulièrement utile pour la classe capitaliste. En promettant de « donner au peuple la direction nécessaire pour remettre ce pays sur la bonne voie, reconstruire l’économie et restaurer le moral de la nation », le Parti travailliste est le mieux placé pour essayer de convaincre la classe ouvrière de baisser les bras et d’accepter l’austérité.
En Irlande, les gouvernements de « gauche » prennent la forme de « fronts populaires » – c’est-à-dire de coalitions entre les réformistes du Parti travailliste et des représentants déclarés de la bourgeoisie. Les révolutionnaires sont inconditionnellement opposés à ce genre d’alliances qui enchaînent les travailleurs à l’ennemi de classe capitaliste. De même, nous sommes opposés à tout vote pour des partis bourgeois, y compris pour les nationalistes du Sinn Féin et les Verts.
Le Sinn Féin cherche lui-même à profiter du déclin du Fianna Fail. Le dirigeant du Sinn Féin Gerry Adams, un dirigeant de longue date du parti en Irlande du Nord [dominée par les protestants], se présente pour un siège au Dail au sud de la frontière. Martin McGuinness, du Sinn Féin, occupe le poste de premier ministre adjoint dans l’assemblée d’Irlande du Nord, où son parti a montré sa loyauté envers l’Etat orangiste protestant, y compris à sa force de police qui est tristement célèbre pour sa brutale répression de la minorité catholique opprimée. L’armée britannique maintient sur place une garnison de plusieurs milliers de soldats qui peuvent être appelés immédiatement pour porter « assistance » au Service de police d’Irlande du Nord/Police royale de l’Ulster. Nous disons : Tous les soldats britanniques et leurs bases hors d’Irlande du Nord immédiatement !
Le soutien du Sinn Féin à la répression contre les républicains irlandais dissidents en Irlande du Nord devrait plaire au gouvernement de Dublin, qui a mené la répression contre les républicains depuis la fondation de la république d’Irlande en 1921-1922. Le Sinn Féin et le Fianna Fail sont unis dans leur soutien au nationalisme catholique qui est vicieusement anti-femmes, anti-gens du voyage et anti-classe ouvrière. Le Sinn Féin a concocté son propre plan de redressement économique en promettant de réduire les dépenses. Ceci est une preuve supplémentaire de son engagement au service des banques, des patrons et de leur système capitaliste, qui est en train de ruiner les vies de la classe ouvrière.
Pour l’internationalisme prolétarien !
D’après l’économiste irlandais Morgan Kelly, près de 100 000 bénéficiaires de prêts hypothécaires vont se retrouver incapables d’honorer leurs emprunts dans la période qui vient : « Les gens font l’impossible – ils ne payent pas d’autres factures et empruntent de fortes sommes à leurs parents – afin de pouvoir rembourser leurs emprunts, à la fois parce qu’ils ont peur de perdre leur domicile et pour éviter la honte de reconnaître qu’ils sont ruinés », explique-t-il (Irish Times, 8 novembre). Il notait que la présence d’une équipe permanente « d’observateurs » de la Banque centrale européenne au Département des finances de Dublin (surnommés collectivement « les Allemands ») a provoqué un concert d’indignation nationaliste sur l’abandon à l’UE de la « souveraineté » de l’Irlande.
Le plan de sauvetage irlandais a aussi provoqué un déferlement de chauvinisme en Angleterre, au moins de la part des députés de l’aile droite du Parti conservateur. Cependant, la situation n’est pas dépourvue d’ironie. Notant que la « Grande-Bretagne lourdement endettée est en train d’emprunter presque 7 milliards de livres supplémentaires pour les prêter à une Irlande endettée de façon catastrophique », le journaliste Philip Stephens remarquait dans le Financial Times (22 novembre) que les opposants conservateurs à l’UE ne savaient pas s’ils devaient « savourer la crise de la zone euro ou réprimander David Cameron pour avoir contribué au plan de sauvetage irlandais ».
Le Premier Ministre britannique Cameron a essayé d’apaiser ses députés en prétendant que les 7 milliards de livres que le gouvernement a mis à la disposition de l’Irlande étaient juste de l’aide « pour un ami dans le besoin ». Pas exactement : le gouvernement capitaliste britannique est en train d’offrir à l’Irlande un prêt qui, s’il est accepté, devra être remboursé. C’est ce que le gouvernement britannique exige aujourd’hui de l’Islande qui a reçu un prêt de ce genre quand son système bancaire s’est effondré en 2008 et que l’économie a été précipitée dans la récession. A l’époque, le gouvernement travailliste britannique avait offert un prêt non par générosité mais parce que les banques islandaises détenaient d’énormes sommes appartenant à des investisseurs britanniques, y compris des municipalités. Les motivations de Cameron en ce qui concerne l’Irlande ne sont pas sans rapport avec le fait que l’économie britannique est en plein marasme et que les échanges commerciaux de la Grande-Bretagne avec l’Irlande excèdent ceux avec la Chine, l’Inde, le Brésil et la Russie réunis.
La classe ouvrière doit comprendre que le système capitaliste lui-même peut et doit être renversé par une révolution ouvrière. Une direction révolutionnaire lutterait pour une série de revendications transitoires faisant le lien entre les attaques actuelles contre la classe ouvrière et les pauvres et la conscience de la nécessité d’une révolution prolétarienne. Confrontée au chômage de masse, une direction lutte de classe dans les syndicats réclamerait le partage du temps de travail entre toutes les mains ouvrières, sans diminution des salaires. Contre la précarité de l’emploi, il est nécessaire d’éliminer les différences entre les travailleurs en CDD et en CDI, ce qui nécessite de lutter pour syndiquer les non-syndiqués. Dans l’intérêt des femmes, qui sont particulièrement opprimées sous l’Etat capitaliste clérical irlandais, nous réclamons le droit à l’avortement libre et gratuit et des crèches gratuites et de qualité ouvertes 24h sur 24. Contre le racisme de l’Etat bourgeois et sa politique de diviser pour régner, nous exigeons les pleins droits de citoyenneté pour tous les immigrés !
Nous sommes implacablement opposés à l’UE, un bloc commercial impérialiste à l’intérieur duquel les grandes puissances impérialistes européennes coopèrent contre la classe ouvrière et les immigrés, ainsi que contre leurs rivaux impérialistes aux Etats-Unis et au Japon. A l’intérieur de l’UE, l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne dominent les Etats-membres plus pauvres du « deuxième cercle », qui incluent les pays d’Europe de l’Est dévastés par la contre-révolution capitaliste, laquelle a aussi détruit l’Union soviétique en 1991-1992. Aujourd’hui l’Europe de l’Est est utilisée comme un marché et comme une source de main-d’œuvre à bas prix et de matières premières par les grandes puissances de l’UE.
La monnaie unique européenne a permis à l’impérialisme allemand d’accroître sa compétitivité aux dépens des autres pays de la zone euro. Mais la monnaie unique, et l’UE elle-même, sont intrinsèquement instables, sujettes aux intérêts nationaux conflictuels des gouvernements capitalistes européens. Notre opposition prolétarienne et internationaliste à l’UE est à l’opposé de l’« euroscepticisme » réactionnaire et du chauvinisme qui sont un poison pour la lutte de classes, parce qu’ils servent à dresser les uns contre les autres les travailleurs selon des divisions nationales et qu’ils renforcent le racisme.
Les taux de croissance extraordinaires de l’Irlande pendant les années du « tigre celtique » étaient basés sur un impôt sur les sociétés extrêmement bas, un boom dans la construction et une bulle du marché immobilier. Les entreprises américaines ont profité non seulement d’un taux d’impôt sur les sociétés de 12,5 %, mais aussi d’une escroquerie connue sous le nom de « Double Irish ». Ceci n’est pas une double dose de whisky Jameson mais une méthode pour échapper même aux faibles taux d’imposition en déplaçant les profits dans et hors des filiales irlandaises. Cette méthode d’évasion fiscale était particulièrement appréciée par Facebook et Google.
La classe ouvrière irlandaise est maintenant victime du cycle boom-récession qui est inévitable sous le capitalisme. Ce qu’il faut comprendre, c’est que le seul moyen de sortir de cette crise est que les travailleurs d’Irlande – au Nord et au Sud – se joignent au prolétariat multiethnique de Grande-Bretagne, qui a une forte composante irlandaise, pour renverser l’ordre capitaliste dans toutes les îles britanniques. La classe ouvrière de Grande-Bretagne, qui doit actuellement affronter une énorme attaque sous la forme des réductions budgétaires du gouvernement libéral démocrate/conservateur, doit mener une lutte de classe pour défendre ses propres intérêts et forger une nouvelle direction révolutionnaire en opposition au réformisme travailliste.
En tant qu’internationalistes prolétariens, nous nous opposons vigoureusement au protectionnisme nationaliste et au chauvinisme anti-irlandais, qui s’exprime avec virulence dans le slogan « les emplois britanniques pour des travailleurs britanniques ». Notre programme pour une république ouvrière en Irlande, partie intégrante d’une fédération volontaire des républiques socialistes des îles britanniques, est basé sur la conviction que le sort de la classe ouvrière sur ces îles y est indissolublement lié. La révolution socialiste balayera le « Royaume-Uni » réactionnaire, le mini-Etat orangiste en Irlande du Nord, qui est de façon inhérente un instrument d’oppression contre la minorité catholique, et l’Etat clérical catholique au Sud. Notre tâche est de construire des partis léninistes-trotskystes déterminés à lutter pour la révolution socialiste sur les deux rives de la mer d’Irlande – une partie essentielle de la lutte pour des Etats-Unis socialistes d’Europe.
http://www.icl-fi.org/francais/lebol/194/irlande.html
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2016.05.01 02:17 ShaunaDorothy Bill Logan : de Krafft-Ebing à mère Teresa ? La BT : des renégats qui offrent leur services (2003)

https://archive.is/EyfAL
Bill Logan : de Krafft-Ebing à mère Teresa ?
La BT : des renégats qui offrent leur services
Reproduit du Bolchévik n° 165, septembre 2003
Nous reproduisons ci-dessous un article traduit et adapté de Workers Vanguard (n° 807, 1er août), le journal de nos camarades américains. Nous renvoyons également à Workers Vanguard n° 808 (29 août) pour en savoir plus sur la BT.
Ces derniers temps nous subissons les attaques d’une campagne de calomnies cherchant à nous faire passer pour des « chauvins » de la part d’une bande de groupuscules soi-disant d’extrême gauche aussi disparates qu’ils sont minuscules. Aux Etats-Unis, la League for a Revolutionary Party (LRP – Ligue pour un parti révolutionnaire) affirme que nous sommes « sionistes » parce que notre défense sans ambages du peuple palestinien contre le gouvernement sioniste génocidaire n’ implique pas l’élimination du peuple de langue hébraïque. Et puis il y a l’Internationalist Group (IG) qui prétend que nous capitulons au social-chauvinisme parce que nous n’avons pas peur de parler ouvertement de la conscience arriérée chez certains ouvriers et opprimés (voir l’article « Cynics and Demagogues : An IG provocation » [Cyniques et démagogues : une provocation de l’IG] de notre journal américain Workers Vanguard, n° 789, 18 octobre 2002). En même temps, l’IG mène une campagne internationale en défense de son líder minimo Negrete en nous accusant à tort de l’avoir traité d’agent provocateur, c’est-à-dire de flic. Pourquoi ? Parce que nous avons eu l’audace de faire remarquer que lorsqu’ils nous traitent de racistes, il s’agit en fait d’une manœuvre pour attirer sur notre organisation des provocations et même davantage.
Maintenant c’est un autre groupuscule qui rejoint la bande de calomniateurs pour nous traiter de « chauvins », un groupuscule qui a ses problèmes pathologiques propres : l’ International Bolshevik Tendency (IBT ou BT). Ils ont offert leurs services au SWP britannique à sa dernière conférence « Marxism » à Londres [juillet] en arrivant avec un tract qui calomniait Jim Robertson, un des dirigeants fondateurs de notre tendance internationale. Ce tract l’accusait carrément de « chauvinisme vulgaire », et d’être un Américain dont le soi-disant « chauvinisme suffisant de grande puissance » serait dirigé contre les peuples du Moyen-Orient et en particulier les Kurdes. La BT accuse calomnieusement Robertson d’avoir traité les Kurdes de « crottes » [turds en anglais].
Il faut bien dire que les calomnies contre les dirigeants communistes sont chose courante de la part des ennemis du marxisme (Marx fut accusé d’être « chauvin », Lénine d’être un « agent du Kaiser », Trotsky d’être un « tueur sadique », Cannon d’être une « tête brûlée », etc.). Ce ne sont pas des attaques « personnelles » ; leur objectif est de nuire à l’existence même du mouvement marxiste et elles ont toujours été considérées comme telles – à juste titre.
Le rôle que la BT a joué à « Marxism » en est précisément une preuve. Le SWP cherche à protéger la « réputation » de l’impérialisme britannique (et surtout de ses « honorables » représentants du Parti travailliste) en dénonçant la « guerre de Bush » contre l’Irak. Le tract de la BT était une invitation au service d’ordre et aux censeurs du SWP à nous attaquer. Ceux-ci entourèrent notre table de presse, essayant d’empêcher nos camarades de vendre notre presse et menaçant de « nous régler notre compte » si nous osions aller à un de leurs forums soi-disant « publics ». Et ils ont tenu leurs promesses. Certains de nos camarades à qui le SWP avait donné la parole par inadvertance, se sont fait déchirer leur billet d’entrée tandis que d’autres n’ont même pas pu entrer du tout.
Quand des milliers de personnes descendaient dans la rue pour protester contre les plans de guerre contre l’Irak, les sections de la LCI ont construit des cortèges révolutionnaires internationalistes appelant à la défense militaire de l’Irak et à mobiliser les ouvriers pour qu’ils luttent contre leurs « propres » gouvernements capitalistes. Ce pour quoi nous avons lutté dans le mouvement antiguerre n’a pas beaucoup plu aux réformistes qui cherchaient à faire croire aux gens qu’on pouvait arrêter la guerre en construisant le mouvement le plus massif possible, en s’alliant en particulier à des représentants et des institutions de ce système impérialiste qui est justement celui qui engendre la guerre. En février dernier, deux jeunes camarades femmes ont pris la parole, lors d’un meeting antiguerre à Londres, pour faire remarquer que s’opposer à la guerre contre l’Irak voulait dire s’opposer au gouvernement travailliste qui la préparait. Chris Bamberry, un des pontes du SWP, déclara alors que quiconque ne soutenait pas politiquement la coalition « Stop the War » [Arrêtez la guerre] « méritait une balle dans la tête ». Comme l’a déclaré notre section britannique, la Spartacist League/Britain, dans son tract de protestation (Workers Vanguard n° 799, 14 mars) :
« C’est là le vrai visage de la coalition pour “donner une chance à la paix” que le SWP construit : faire taire les rouges pour que les ouvriers et les jeunes se laissent dévorer comme des agneaux par les loups du Parti travailliste qui est en train de faire la guerre à l’Irak et à la classe ouvrière dans notre propre pays ! »
Il y a quelques années nous avions déjà dû faire face à un mélange pourri de groupuscules minables qui nous accusaient de « racisme » parce que nous reconnaissions l’existence de haines racistes et ethniques et que nous les combattions franchement. Comme nous l’avons écrit dans notre réponse « Hate the Truth, Hate the Spartacist League : New Left Moralist Big Lie Campaign » [Haine de la vérité, haine de la Spartacist League : la campagne de mensonges des moralistes de la Nouvelle Gauche] (Workers Vanguard n° 217, 20 octobre 1978) :
« Accuser quelqu’un de racisme (ou d’être un flic) est la boue la plus sale dont on puisse couvrir quelqu’un. Dans cette société raciste, lorsqu’on est accusé d’une telle chose on est présumé coupable jusqu’à ce qu’on ait prouvé son innocence. Si on répond, on laisse à penser que cela veut dire que les soupçons sont largement répandus et peut-être justifiés. Si on se tait, c’est considéré comme une preuve de culpabilité. »
En tant que marxistes nous ne flattons les vanités ou le chauvinisme d’aucun peuple. Nous nous battons pour l’ émancipation socialiste du prolétariat et la libération de tous les opprimés. Cela agace beaucoup ceux qu’anime non pas le marxisme mais le moralisme libéral et le nationalisme « tiers-mondiste » par procuration. (Ce n’est toutefois pas ce qui anime la BT, qui n’a en fait que mépris pour les luttes contre l’oppression raciale, nationale et ethnique, mais nous parlerons de cela plus tard.) Mais leurs mensonges sur nous sont au service d’organisations réformistes plus grosses et vraiment social-chauvines qui veulent notre peau parce que nous nous battons pour une opposition prolétarienne, internationaliste et révolutionnaire aux impérialistes et aux déprédations brutales qu’ils commettent, avec l’aide de leurs larbins néocoloniaux, contre les peuples opprimés dans le monde.
La défense des Palestiniens contre la guerre génocidaire que le gouvernement sioniste d’Israël mène contre eux a été centrale dans notre travail de mobilisation pour nos cortèges révolutionnaires. Elle contrastait fort avec le pacifisme et même carrément le social-patriotisme que refourguait le reste de la soi-disant gauche qui en général ne soufflait mot des Palestiniens pour préserver leur « unité » avec tout le monde, des politiciens pro-sionistes du Parti démocrate aux Etats-Unis aux pacifistes bourgeois qui ont horreur de toute « violence », surtout quand il s’agit de celle des opprimés contre leurs oppresseurs. En même temps que des groupes soi-disant « d’extrême gauche » nous accusent d’être des sionistes, nos camarades en Allemagne se font attaquer physiquement par les soi-disant « anti-nationaux » – en fait des larbins pro-sionistes au compte de l’impérialisme allemand – parce que nous défendons les Palestiniens.
La pathologie des renégats
Le tract de la BT intitulé « Le “chauvinisme vulgaire” de Robertson » mentionne un post-scriptum dans une lettre que la BT avait écrite à Workers Vanguard pour se plaindre parce que nous avions démasqué leur position chauvine vis-à-vis de l’indépendance du peuple kurde. Ce post-scriptum fait référence à un exposé fait par Jim Robertson le 15 octobre 1978, au comité local de la Spartacist League/U.S. à New York. Le sujet en était la bataille pour chasser Bill Logan, le secrétaire national de notre section britannique, qui avait instauré un régime brutal et pernicieux.
Le camarade Robertson avait préfacé ses remarques d’exemples montrant comment l’oppression opprime, puis expliqué comment Logan avait construit son « régime » en jouant sur l’intériorisation de l’oppression, particulièrement de la part de jeunes femmes et de quiconque était considéré « de seconde classe » par l’élite raciste et arrogante de la société britannique. Il notait dans ce rapport : « L’ oppression intériorisée est quelque chose de très très mauvais. Et je crois qu’elle est à la base de beaucoup de mauvais régimes que nous avons découverts ici et là dans notre organisation. Parce qu’il faut toujours être deux. Il y a ceux qui ne sont pas sûrs d’eux et qui deviennent brutaux, sadiques ou prétentieux, des petits Staline. Mais il y a aussi les victimes. Et c’est généralement en jouant sur leurs insécurités et leurs peurs intimes que l’on persécute les victimes. » Et en fait dans chacun des paragraphes de son rapport, Robertson montrait comment notre parti ne tolère aucune forme de chauvinisme et d’oppression, ce qui est fondamental pour notre raison d’être en tant qu’organisation marxiste révolutionnaire.
Dans ce contexte, Reuben Samuels, un cadre dirigeant de notre internationale qui était alors à Londres, fut critiqué pour s’être absenté de la bataille urgente et importante pour la survie de notre section britannique :
« Critique de Reuben : où était Reuben tout ce temps-là ? Il était à la bibliothèque en train d’étudier des crottes [turds] pour son cours. N’est-ce pas ? Il ne jouait aucun rôle. George et moi nous nous sommes regardés et nous avons dit : “Nous ne pensons pas que c’est exactement le genre de weekend éducatif que nous avions en tête…”. Nous allons revenir le mois prochain pour le cours. Bon cours. »
La BT s’exclame qu’il s’agit là d’une référence « odieuse » aux Kurdes. Il n’y a que des gens vraiment inspirés par le chauvinisme qui peuvent imaginer que « crottes » se réfère aux Kurdes ! En fait c’était une grave condamnation d’un dirigeant de premier plan de notre internationale qui avait la tête dans les W.C. pendant que ce qui était posé, c’était la lutte pour sauver notre section britannique de Logan. Robertson et le reste de notre internationale s’étaient assurés que le camarade qui s’y connaissait le plus sur la question kurde, prenne un vol pour Londres depuis Toronto, non pas une fois, mais deux, pour donner un « bon cours » sur la lutte contre l’oppression des Kurdes – un cours dont le recrutement récent de camarades turcs à notre section britannique posait la nécessité.
Et c’est cela que la BT appelle du « chauvinisme ». Dans la mesure où cette organisation a jamais remarqué qu’une myriade de peuples étaient opprimés dans le monde, et ce n’est pas arrivé très souvent, la BT a déclaré avec vigueur qu’elle s’oppose à ce que ces peuples exercent leur droit à l’autodétermination – sauf au Kosovo juste au moment où les séparatistes albanais du Kosovo jouaient le rôle de repérage des cibles à bombarder par l’OTAN et les USA dans leur guerre contre la Serbie. Pour la BT, les Kurdes font partie de ceux dont la revendication d’ indépendance « est un obstacle aux luttes des ouvriers et des paysans contre les Etats oppresseurs existants. »
Et cela ne s’applique pas qu’aux Kurdes. La BT s’est fait une certaine réputation pour son opposition à l’indépendance du Québec. Cela lui a valu d’être invitée officiellement par les organisateurs d’un rassemblement unitaire de chauvins anglo-canadiens à Montréal à la veille du référendum de 1995 sur la souveraineté du Québec. (Cela leur a valu de perdre leur seul membre québécois qui a démissionné en protestant contre leur « bloc de fait avec la bourgeoisie canadienne ».) Là aussi la BT essaye de cacher son chauvinisme en appelant à des « luttes de classe conjointes » comme le font les bureaucrates anglo-canadiens chauvins qui disent aussi que l’indépendance du Québec nuirait à la « solidarité des travailleurs ».
A propos de capitulation au « chauvinisme de grande puissance », que dire du CPGB (Parti communiste de Grande-Bretagne) bassement réformiste avec lequel la BT a essayé d’engager des discussions en vue d’un « regroupement politique » il y a quelques années ? Cela n’a pas dérangé la BT que le projet de programme du CPGB de 1995 déclarait ouvertement que « l’Etat capitaliste de Grande-Bretagne a une idéologie officielle d’anti-racisme » (Weekly Worker, 5 septembre 1999). En fait ces négociations de fusion ont tourné court seulement parce que le CPGB a repoussé les avances de la BT.
Aux Etats-Unis aussi la BT accorde ses violons avec la bureaucratie syndicale procapitaliste et affiche la même indifférence qu’elle pour les masses noires. Quand la SL/U.S. mobilisait en 1982 la puissance du mouvement ouvrier et des Noirs, qui ont repoussé avec succès une provocation du Ku Klux Klan à Washington D.C., et mettait sur pied des Ligues ouvrières/noires suite à cette victoire, la BT a déclaré que nous tournions le dos aux syndicats et a dénigré ce travail en le qualifiant de « travail associatif ».
Aux Etats-Unis où le racisme contre les Noirs a toujours été au service de la réaction, et où la combativité noire a toujours été considérée comme profondément subversive, la lutte pour mobiliser la classe ouvrière multiraciale en défense des masses noires opprimées est la clé de la révolution socialiste. Fort heureusement, les ouvriers et les jeunes noirs de Washington, les travailleurs noirs des docks et des chantiers navals des sections syndicales du Sud, n’ont pas partagé le dédain de la BT pour notre mobilisation contre le KKK. Il n’y a que les gens pour qui « classe ouvrière » veut dire aristocratie ouvrière, qui puissent voir notre mobilisation pour l’unité et l’intégrité de la classe ouvrière contre le « diviser pour régner » raciste des capitalistes et de ses troupes de choc fascistes comme autre chose que la lutte pour la survie des syndicats en tant qu’instruments de la défense élémentaire du prolétariat.
Les ordures ne marchent pas toutes seules
Dans notre dernier article « BT Doth Whine Too Much » [la BT gémit trop] (Workers Vanguard n° 806, 4 juillet), nous avons publié des extraits de la lettre de la BT nous accusant d’avoir « grossièrement » déformé leur position sur les Kurdes ; en réponse, nous avons démontré que la BT s’opposait à l’indépendance des Kurdes, essentiellement en citant les propres mots du journal de la BT, 1917. Mais le véritable objet de la lettre de la BT, c’était son post-scriptum, c’était d’accuser calomnieusement la SL/U.S., et le camarade Robertson en particulier, d’être « chauvin ». Le tract que la BT a mis dans les mains des nervis du SWP à « Marxism » insinue que le fait que nous n’ayons « fait aucun commentaire sur ce post-scriptum » est la preuve que nous « acceptons implicitement » leur accusation calomnieuse de « chauvinisme vulgaire ». Ce dont nous sommes coupables, c’est de stupide naïveté. Comme nous l’avons écrit dans une déclaration de la rédaction (voir page 9) : « Nous avons coupé le “P.S.” parce que c’était un mensonge méprisable, mais ce faisant, nous sommes tombés dans le piège de la BT et avons laissé supposer, avec notre silence évasif, que nous étions coupables. » Nous avons répondu à la lettre de la BT comme s’il s’agissait d’une discussion politique légitime dans le mouvement ouvrier, et comme si le but de cette lettre avait effectivement quelque chose à voir avec l’oppression du peuple kurde. Nous nous sommes fait avoir. Nous aurions dû être plus malins, nous sommes plus malins que ça.
La BT n’est pas le genre d’organisation qui se préoccupe de confronter les opinions politiques pour élever le niveau de conscience des ouvriers et de la jeunesse radicalisée. Ca n’a jamais été sa préoccupation. Ceux qui ont fondé la BT ont tous quitté notre organisation individuellement, juste au début de la deuxième guerre froide contre l’URSS dans les années 1980 quand il est devenu plus difficile d’être un « rouge » qu’à l’époque de la « Nouvelle Gauche » et du mouvement contre la guerre du Vietnam, époque où la plupart d’entre eux avaient adhéré. Quelques années plus tard, cette bande éclectique de couards politiques s’est réunie pour essayer de concocter une justification politique à leur manque de tripes et ont prétendu qu’ils avaient été « purgés » pour leurs divergences politiques. Mais ils ne pouvaient pas citer un seul mot, un seul document, pour le prouver – ils n’avaient que leurs minables lettres de démission.
Leurs appétits politiques, droitiers en général et subissant généralement l’influence des milieux intellectuels petits-bourgeois dont ils font généralement partie, devraient normalement les conduire ailleurs, mais la BT a surtout été, depuis qu’elle existe, bizarrement obsédée par notre organisation. Et elle a toujours régulièrement monté des provocations contre nous justement quand d’autres forces politiques – allant des réformistes aux agences de la bourgeoisie – sont en train de nous attaquer. En 1983 par exemple, la BT, qui s’appelait alors External Tendency (ET – Tendance externe), a lancé une campagne internationale nous accusant d’être « violents » et a menti en prétendant que nous avions attaqué physiquement un de ses membres. Nous étions à l’époque engagés dans une bataille très sérieuse devant les tribunaux contre le FBI qui nous avait classés parmi les organisations « violentes ». Et voilà justement qu’un groupe d’ex-membres hurlait que nous étions « violents ». Quels intérêts cela servait-il ?
En 1985, ils ont publié un article très imaginatif de journalisme rampant, intitulé « La route de Jimstown », prétendant que notre parti était un « culte d’obédience » et racontant un tas de mensonges, parlant de corruption et même pire. Et en 1995, ces calomnies contre nous ont été citées par le Wall Street Journal lui-même, ce porte parole de la bourgeoisie américaine ! C’était dans le but de nuire à notre campagne en défense de Mumia Abu Jamal – condamné à mort et sur le point d’être exécuté – campagne qui rencontrait de plus en plus de soutien nationalement et internationalement. Pour pouvoir décrire Abu Jamal comme un « tueur de flic » dépravé, le Wall Street Journal (16 juin 1995) s’est fait un plaisir de reprendre les calomnies de la BT pour affirmer que le Partisan Defense Committee, la principale organisation qui se battait pour que d’autres aussi reprennent la défense de Mumia, était associé à un « culte » d’illuminés. Comme nous l’avons écrit il y a presque 20 ans : « Ceux dont le programme politique est guidé par une malveillance objective intense offrent en puissance leurs services à quelqu’un, qu’ils le veuillent ou non (et quelquefois les deux). » (« ET, New Name, Same Game ? » [ET, nouveau nom, même jeu ?], Workers Vanguard n° 388, 4 octobre 1985).
Quand Bill Logan a été adopté comme dirigeant adulé par la BT en 1990, cela a ajouté une nouvelle dimension à l’obsession de la BT qui veut avoir notre peau par tous les moyens. Logan a été exclu de notre tendance lors de notre première conférence internationale en 1979, après une enquête approfondie par une commission de contrôle internationale, et un jury qui a conclu qu’il était un sociopathe tordu qui manipulait les camarades dans les moindres détails de leur vie privée pour ses propres objectifs de pouvoir et sa propre satisfaction. C’est le comité central de la Spartacist League d’Australie et de Nouvelle-Zélande qui avait porté ces accusations contre Logan. Les documents sur le régime de Logan en Grande-Bretagne avaient déclenché un torrent de témoignages douloureux de nos camarades, des jeunes pour la plupart, de la section australienne dont Logan avait été le secrétaire national pendant des années. Comme Reuben Samuels, qui avait été envoyé en Australie par l’internationale à l’époque, le racontait dans un document récent :
« En Australie, Logan exploitait l’inexpérience [des camarades] et leur dévouement profond à notre programme pour créer un culte de la personnalité basé sur les intrigues malfaisantes et la manipulation des détails les plus privés de la vie des camarades. La “loyauté” c’était la loyauté au dernier caprice du “secrétaire général”. Il décidait avec qui tel camarade devait former un couple. Les enfants étaient considérés comme des calamités et l’avortement était devenu un devoir de membre du parti, de sorte qu’une camarade qui avait un bébé est devenue suicidaire. »
Logan a été exclu pour crimes « contre la moralité communiste et son corollaire élémentaire de décence humaine ». La motion a été votée à l’unanimité des délégués à notre conférence internationale (dont faisaient d’ailleurs partie certains des gens qui ont par la suite fondé la BT). Elle concluait que Logan « ne peut pas et n’aurait jamais dû être membre d’une organisation ouvrière ». Pour protéger le mouvement ouvrier, nous avons, chose inhabituelle de notre part, rendu publics nos bulletins internes documentant le cas Logan et nous nous sommes efforcés de les rendre accessibles dans les principales bibliothèques d’Australie et de Nouvelle-Zélande.
Un morveux vraiment malade
Onze ans plus tard, la BT adoptait Logan dans ses rangs. Mais à la différence de la famille royale d’Arabie saoudite qui s’est contentée de donner l’asile à Idi Amin, le dictateur viré d’Ouganda, la BT a fait de Logan son líder maximo et s’est transformée en tendance « internationale ». Et voilà que maintenant la BT se saisit de quelque chose que Jim Robertson a dit il y a 25 ans, qui n’avait jamais rencontré d’ objection de la part de plusieurs membres de la BT qui étaient alors dans notre organisation, et qui figure dans les bulletins rendus publics. Aujourd’hui la BT déforme ces mots pour pouvoir faire son accusation calomnieuse de « chauvinisme vulgaire » et mettre ses mensonges au service d’organisations réformistes plus importantes (et qui sait à qui d’autre encore ?).
Il est remarquable que le post-scriptum à la lettre de la BT en date du 12 juin adressée à Workers Vanguard et citée dans le tract qui a servi de munition au SWP à « Marxism » ne mentionne pas du tout Logan. Ils n’arrivent pas à reconnaître que la citation du camarade Robertson qu’ils utilisent et défigurent totalement, vient d’un bulletin intitulé « On the Logan Regime Part I » [Sur le régime Logan, première partie]. Pourquoi ? Pourquoi Logan est-il devenu un espace vide comme sur les photos truquées ? Qu’est-ce que la BT a à cacher ?
Le site web de Logan (bl.co.nz) fournit peut-être des réponses. Logan y offre ses services comme « conseiller, thérapeute narratif et ministre officiant ». Ce type qui a forcé une jeune femme à avorter, et qui après son refus, l’a forcée à donner son enfant en adoption, propose maintenant des textes à utiliser pour des enterrements de bébés. Ce type qui a singé les attitudes de l’empire britannique décadent pour jouer sur les insécurités et l’oppression intériorisée des jeunes ouvriers, des femmes et de ceux qui venaient des « colonies », offre maintenant un « bénédicité laïc » du genre de ce qu’un bourgeois repu pourrait réciter à table pour remercier avec condescendance « ceux qui ont planté le blé, ceux qui l’ont récolté, ceux qui ont préparé le repas et ceux qui l’ont servi ». Ce type qui utilisait le langage du Parlement de sa majesté pour protester contre toute critique à son encontre qui pouvait parvenir aux oreilles de la base de l’organisation en qualifiant cela de « manquement à la diplomatie » quand il était dans notre organisation, fait maintenant grand cas, sur son site web, des « influences anglicanes et presbytériennes dans mon enfance ». Un colonel Blimp [un officier colonialiste réactionnaire de bande dessinée] sadique transformé en missionnaire de « tous les enfants de dieu » : dire que ce morveux est un malade est un euphémisme.
Dis-moi qui tu fréquentes¼
Un des premiers signes que quelque chose n’allait pas avec Logan, c’est quand il a commencé à écrire des documents argumentant que des bandes de guérilleros armés suffisaient pour créer un Etat ouvrier n’importe où, allant presque même jusqu’à dire qu’on pouvait construire un Etat ouvrier dans une seule grotte. Cette théorie particulière a beaucoup en commun avec les idées de Pol Pot. Et avec le recul, on peut voir comment il partageait sa vision monstrueusement déformée du marxisme, ressemblant à un culte pervers de la personnalité, dans ses « méthodes » de direction. L’autre partie de l’équation, c’est que quand on cherche à savoir ce qui fait courir la BT, il y a le journal Revolutionary History de Al Richardson, un anticommuniste enragé inspiré par les « traditions démocratiques » du travaillisme parlementaire, et qui était cul et chemise avec les BT à « Marxism ».
Voilà les fréquentations politiques logiques de la BT. Le deuxième tract que la BT a distribué à « Marxism » (« Compare and Contrast – ICL vs. IBT on Stalinism & Soviet Defensism » [Comparez et voyez la différence – La LCI contre l’IBT sur le stalinisme et la défense de l’URSS]) était un échantillon parfait de l’antisoviétisme de la BT. Ils dénoncent notre appel « Salut à l’Armée rouge en Afghanistan » qui luttait contre les réactionnaires islamistes soutenus par la CIA, et affirment que notre déclaration de soutien militaire aux staliniens du Kremlin s’ils étaient intervenus en Pologne en 1981 contre Solidarność, mouvement antisémite et réactionnaire-clérical, était « une distorsion stalinophile perverse de la position trotskyste de défense militaire inconditionnelle des Etats ouvriers bureaucratisés ».
Avec des positions pareilles, l’accusation de la BT prétendant que nous avons « flanché » sur la défense de l’URSS en ne donnant pas un soutien militaire aux comploteurs incapables qui organisèrent le coup d’Etat contre les forces contre-révolutionnaires d’Eltsine en 1991, est d’autant plus frappante. Le coup d’Etat de la « bande des huit » ne s’est pas attaqué à Eltsine, que ce soit militairement ou autrement, pour la bonne raison qu’ils étaient, tout autant qu’Eltsine, déterminés à restaurer le capitalisme. Simplement ils n’avaient pas le soutien de l’impérialisme US. En fait, pour la BT qui a soutenu la « bande des huit » après coup, c’était un moyen commode de se débarrasser de la défense de l’URSS, qu’ils n’invoquaient d’ailleurs que pour la forme, en déclarant que la bataille contre la restauration capitaliste était désormais perdue. Par contre, la LCI a distribué des dizaines de milliers de tracts en Union soviétique, intitulés « Ouvriers soviétiques : écrasez la contre-révolution d’Eltsine-Bush ! » Ce n’est que lorsqu’il fut clair que la classe ouvrière n’allait pas bouger contre Eltsine qui rapidement consolidait un Etat capitaliste, que nous avons accepté que l’URSS avait été définitivement détruite.
Et vous pouvez mettre la main au feu que la BT oublie son soutien militaire à la « bande des huit » lorsqu’elle est en compagnie du SWP qui a qualifié la contre-révolution d’Eltsine, de « raison de se réjouir ». L’intervention d’un membre de la BT à un forum du SWP à « Marxism » sur « La Russie de 1917 et la démocratie soviétique » a été si pusillanime qu’il a été chaudement applaudi par presque toute l’assistance pleine de membres du SWP anticommunistes et capitalistes d’Etat. Et que dire du slogan de la BT disant que les troupes impérialistes doivent « vivre comme des porcs et mourir comme des porcs » ? La BT nous a accusés de « social-patriotisme » parce que nous ne nous sommes pas réjouis de la mort de 240 marines américains tués par une voiture piégée au Liban en 1983 dans un attentat non revendiqué censé être un acte d’« anti-impérialisme ». Comme nous l’avons noté à l’époque, la soif de sang de la BT est un moyen de paraître à notre gauche et elle est aussi directement proportionnelle à la distance de là où le sang est versé. A « Marxism » nos camarades ont défié les membres de la BT de mettre en pratique leurs prétendues convictions un peu plus près de chez eux et d’aller intervenir dans un forum sur l’Irlande du Nord et dire que les troupes britanniques devraient « mourir comme des porcs ». Il n’y a aucun danger qu’ils le fassent ! Au lieu de cela l’intervenant de la BT a demandé poliment pourquoi la Socialist Alliance, qui n’est guère qu’un groupe électoral paravent pour le SWP, n’appelle pas au retrait immédiat des troupes britanniques d’Irlande du Nord. Pourquoi ? Peut-être que cela a à voir avec le fait que le SWP a soutenu l’intervention des troupes britanniques en 1969 ? Mais c’est comme ça que la BT procède toujours : elle réserve son fiel aux révolutionnaires et rampe devant les forces réformistes plus importantes qu’elle.
Alors dans la mesure où la BT a un profil politique, c’est en tant que centristes qui utilisent leur anti-spartacisme comme billet d’entrée dans le marais de la social-démocratie. Mais la BT est aussi quelque chose de tout à fait différent. C’est une bande de renégats hargneux « déçus du communisme », qui ne demande qu’à rendre des services à ceux qui voudraient nous détruire. Les mensonges et les calomnies sont leur arme préférée, tout comme ces derniers sont les premiers moyens auxquels recourent les patrons quand ils veulent casser des grèves, ou ceux qui veulent défendre le statu quo raciste quand ils cherchent à détruire ceux qui se battent pour la libération des Noirs.
Depuis l’époque de Marx, les marxistes se sont toujours préoccupés de l’hygiène élémentaire dans le mouvement ouvrier. Nous ne savons pas si la BT est simplement motivée par sa malveillance obsessive ou par quelque chose de plus sinistre. Mais en cherchant à détruire le noyau de l’ indispensable avant-garde léniniste, ils servent les intérêts de tous les ennemis du prolétariat révolutionnaire. Accuser calomnieusement la LCI d’être des « chauvins » c’est frapper en plein cœur de ce que nous sommes et de ce que nous devons être pour jouer un rôle dans la libération de l’humanité de la tyrannie du capitalisme.
http://www.icl-fi.org/francais/oldsite/IBT-165.html
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